Coronavirus : Face à la pandémie, le Royaume-Uni ferme ses écoles mais n’annonce pas de confinement

PANDEMIE L’épidémie se répand au Royaume-Uni, qui accélère la cadence des tests

20 Minutes avec AFP

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Une femme portant un masque à Londres, le 19 mars 2020.
Une femme portant un masque à Londres, le 19 mars 2020. — ISABEL INFANTES / AFP

Le Royaume-Uni a annoncé ce jeudi, après nombre d’autres pays européens, la fermeture de ses écoles jusqu’à nouvel ordre face à la propagation de plus en plus rapide du nouveau coronavirus, qui a fait plus de 100 morts sur son sol.

Les écoles fermeront leurs portes « vendredi après-midi et resteront fermées jusqu’à nouvel ordre », ont annoncé le Premier ministre Boris Johnson et son ministre de l’Education, Gavin Williamson. « L’objectif est de ralentir la propagation du virus », a déclaré Boris Johnson. « C’est le bon moment pour le faire. »

Les mêmes mesures en Irlande et en Ecosse

Néanmoins, les enfants des personnels essentiels à la lutte contre l’épidémie, au premier rang ceux des équipes médicales et des policiers, seront pris en charge, ainsi que les enfants « les plus vulnérables », a précisé le Premier ministre lors de son point presse quotidien depuis Downing Street. Sans attendre la décision de Londres, les gouvernements locaux gallois et écossais avaient annoncé dès le début de l’après-midi la fermeture des écoles vendredi. « Je ne peux pas promettre qu’elles rouvriront avant l’été », a averti la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon.

Le ministère de la Défense a par ailleurs annoncé qu’il plaçait 20.000 militaires en alerte pour prêter main-forte aux services publics dans le cadre d’une « force de soutien Covid ». Quelque 150 d’entre eux seront spécialement formés au transport d’oxygène au profit du système de santé.

De plus en plus de tests

Le Royaume-Uni recensait mercredi 104 personnes décédées après avoir été atteintes par le virus depuis le début de l’épidémie, soit 33 de plus que la veille. Le pays a officiellement dénombré 2.626 cas de patients atteints par le virus, mais le service public de santé britannique (NHS) ne teste pas systématiquement tous les malades et se concentre sur les cas les plus graves, malgré les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui exhorte à « tester, tester, tester ».

En réalité, il est « raisonnable » de penser que 55.000 personnes sont atteintes, a estimé mardi le conseiller scientifique du gouvernement Patrick Vallance. Face aux critiques, le gouvernement a augmenté la cadence et vise 25.000 tests quotidiens dans les hôpitaux dans les quatre semaines.

Une loi votée en urgence

Interrogé sur des informations de presse évoquant de possibles mesures de confinement strict à Londres, principal foyer de l’épidémie dans le pays, Boris Johnson a répondu : « Nous vivons dans un pays de libertés, nous n’avons pas tendance à imposer ce genre de restrictions (…) mais nous n’écarterons rien ».

Pour l’heure, le gouvernement a demandé à la population d’éviter tout déplacement ou contact non essentiel, conduisant à un net ralentissement de l’activité. La Bourse de Londres a chuté mercredi de 4,05 %. Face à la propagation du virus, le gouvernement conservateur a publié un projet de législation d’urgence donnant aux autorités des pouvoirs extraordinaires pour une durée pouvant atteindre deux ans. Le texte sera présenté jeudi à la Chambre des Communes.

Le gouvernement a promis mardi de soutenir l’économie « quoi qu’il en coûte » face aux conséquences de la pandémie de Covid-19, annonçant des garanties de l’Etat sur les prêts aux entreprises atteignant 330 milliards de livres (363 milliards d’euros) et des aides de 20 milliards de livres.