Un journaliste d’investigation a été violemment agressé en Bulgarie

INTIMIDATION Cette personnalité médiatique a été violemment agressée et hospitalisée avec de nombreuses blessures, à Sofia

20 Minutes avec agences

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Une membre de Reporters Sans Frontières (photo d'illustration)
Une membre de Reporters Sans Frontières (photo d'illustration) — Louise MERESSE/SIPA

Un journaliste d’investigation bulgare a été roué de coups par deux hommes masqués et armés de barres de fer, ce mardi, devant son domicile, alors qu’un troisième agresseur filmait l’attaque, selon son témoignage qui a été publié dans le journal 24 tchassa. « La version privilégiée de l’enquête est une attaque commanditée, liée à son travail », a déclaré un haut responsable du ministère de l’Intérieur, Ivaïlo Anguelov.

Rédacteur en chef de l’hebdomadaire 168 tchassa, Slavi Anguelov a une longue carrière d’investigateur sur des sujets criminels et d’atteintes à l’environnement. « L’attaque contre [lui] constitue une menace (…) pour tous les journalistes en Bulgarie », déclare la section bulgare de l’Association des journalistes européens, qui a saisi le Conseil de l’Europe.

« Identifier rapidement les responsables »

L’association appelle les autorités à « sanctionner non seulement les auteurs, mais aussi les commanditaires de cet acte cruel ». L’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) a appelé les autorités à « identifier rapidement les responsables » de l’agression pour les traduire en justice.

« Il s’agit d’un acte d’intimidation inacceptable contre ce journaliste, lequel aurait pu mener à sa mort », a déclaré Harlem Désir, représentant de l’OSCE pour la liberté des médias. « Si elles restent impunies, de telles attaques brutales peuvent créer une ambiance de peur au sein de la communauté des médias », a-t-il ajouté.

Une enquête bâclée, selon RSF

En octobre 2018, la journaliste Viktoria Marinova avait été violée et tuée dans un parc à Roussé (nord), alors qu’elle lançait un programme télévisé d’investigation. La justice n’avait trouvé que « des motifs sexuels sans lien avec les activités professionnelles » de la victime de ce crime, dont l’auteur a été condamné à trente ans de prison.

L’ONG Reporters sans frontières (RSF) avait dénoncé « une volonté affichée des autorités d’étouffer cette affaire en bâclant l’enquête ». La Bulgarie occupe le 111e rang, bon dernier de l’Union européenne, dans le classement mondial de RSF. Cette ONG constate que « la corruption et la collusion entre médias, politiques et oligarques sont extrêmement courantes ».