Iran : Nouvelles « rassurantes » des deux chercheurs français emprisonnés, selon leur comité de soutien

PRISON Arrêtés en juin 2019, Roland Marchal et Fariba Adelkhah sont poursuivis pour « propagande contre le système » politique de la République islamique et « collusion en vue d’attenter à la sécurité nationale »

20 Minutes avec agences
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L'ancienne prison iranienne de Qasr à Téhéran, le 2 septembre 2014. (Illustration)
L'ancienne prison iranienne de Qasr à Téhéran, le 2 septembre 2014. (Illustration) — ATTA KENARE / AFP

Il est apparu « amaigri et fatigué » mais dans un état plutôt « rassurant ». Roland Marchal, le chercheur français détenu en Iran et dont l’entourage était sans nouvelles depuis fin janvier, a pu s’entretenir par liaison vidéo avec l’ambassadeur de France, a annoncé ce mardi son comité de soutien dans un communiqué.

Sa compagne franco-iranienne, Fariba Adelkhah, chercheuse comme lui au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris et arrêtée en même temps en juin 2019 à Téhéran, va pour sa part « mieux physiquement ». Elle a notamment fait une grève de la faim de 49 jours qui l’a beaucoup éprouvée.

Une conversation d’une vingtaine de minutes

Fariba Adekhah, anthropologue réputée, et Roland Marchal, spécialiste de l’Afrique, sont poursuivis pour « propagande contre le système » politique de la République islamique et « collusion en vue d’attenter à la sécurité nationale ». Le chercheur a pu s’entretenir par WhatsApp avec l’ambassadeur de France en Iran « pendant une vingtaine de minutes », en partie en video, a indiqué Béatrice Hibou, membre du comité de soutien. Cet entretien a eu lieu ce dimanche matin, selon un autre membre du comité.

« Durant cette discussion, Roland n’a ni toussé, ni éternué, ce qui est plutôt bon signe. Il portait un masque chirurgical et son gardien un masque et des gants en latex », a-t-elle ajouté, en référence à l’épidémie de Covid-19 qui sévit en Iran.

Négociations en cours

Son entourage s’inquiétait beaucoup de son état santé. Le chercheur, coupé du monde, n’ayant pas comparu à l’ouverture de son procès le 3 mars. Fariba Adelkhah souffre pour sa part moins des reins, mais elle reste très inquiète pour son compagnon auquel elle n’a pas accès. Elle a toutefois mis fin à son « sit-in » dans les parties communes de la prison et réintégré sa cellule.

Le comité de soutien des deux chercheurs continue à « espérer à la fois que des négociations entre gouvernements français et iranien aboutissent et qu’un geste humanitaire soit fait à l’occasion de Norouz », le nouvel an persan, le 20 mars. Leur sort pourrait être lié à celui d’un ressortissant iranien, Jalal Rohollahnejad, détenu en France et menacé d’extradition aux Etats-Unis. La justice française a validé le 11 mars son extradition, désormais suspendue à une signature du Premier ministre français Edouard Philippe.