Coronavirus au Royaume-Uni : Face aux prévisions cauchemardesques, le gouvernement britannique change de stratégie

PANDEMIE Le gouvernement a finalement abandonné sa stratégie controversée et pris des mesures, même si elles sont moins radicales qu’en France ou en Italie

20 Minutes avec AFP

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Une femme dans la gare Eurostar de St Pancras à Londres, le 17 mars 2020.
Une femme dans la gare Eurostar de St Pancras à Londres, le 17 mars 2020. — JUSTIN TALLIS / AFP

Plus de 250.000 morts et un système de santé complètement submergé… C’est face à ce scénario catastrophique établi par des scientifiques qu’au Royaume-Uni, le gouvernement a changé de stratégie et considérablement renforcé ses mesures face au nouveau coronavirus.

Alors que les Britanniques étaient jusque-là exemptés de mesures spécifiques, le Premier ministre Boris Johnson a demandé lundi soir à la population d’éviter tout contact et tout déplacement « non essentiel ». Il a également recommandé aux personnes âgées et aux femmes enceintes de s’isoler pendant trois mois. Dans la foulée mardi matin, le Royaume-Uni a déconseillé à ses ressortissants tout voyage à l’étranger « non essentiel », dans un premier temps pour 30 jours, mettant en avant les limitations « sans précédent » à la circulation imposées dans le monde.

Sans mesure, un système de santé submergé

Ces mesures restent moins radicales que celles prises dans les pays voisins, ne prévoyant ni fermeture des écoles, restaurants ou salles de spectacles, ni interdiction formelle des rassemblements. Elles constituent cependant un net renforcement par rapport à la stratégie controversée adoptée jusqu’alors, qui consistait essentiellement à isoler les personnes présentant des symptômes ou revenant de zones à risque pour alléger la pression sur les services de santé et favoriser l’émergence d’une « immunité collective ». Selon la presse britannique, ce changement de braquet a été motivé en particulier par un rapport de l’Imperial College de Londres, s’appuyant sur des données provenant d’Italie.

D’après ce rapport rendu public lundi soir, l’épidémie pourrait faire jusqu’à 510.000 morts au Royaume-Uni et y toucher 81 % de la population, dans le cas purement hypothétique où aucune mesure n’aurait été prise. Avec le type de réponse qui constituait jusqu’à lundi la ligne de conduite du gouvernement, les chercheurs estiment que ce pays risquait jusqu’à 260.000 décès, en raison d’une « submersion » de son système de santé.

55.000 malades sur le territoire

Après l’annonce de cette série de mesures par Boris Johnson, le gouvernement britannique a communiqué ce mardi un nouveau bilan : il lui semble « raisonnable » d’estimer le nombre de cas d’infections au nouveau coronavirus à 55.000 dans le pays actuellement, contre 1.950 officiellement recensés, et estimé qu’un bilan final de l’épidémie à 20.000 morts ou moins constituerait « un bon résultat ».

Selon l’Imperial College, la principale difficulté de la nouvelle stratégie résidera dans le fait d’être maintenue « jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible », ce qui pourrait prendre « potentiellement 18 mois, ou plus ».