Coronavirus : La Commission européenne va assouplir la règle qui oblige les compagnies aériennes à voler à vide

BILAN CARBONE Emmanuel Macron avait dénoncé les « vols à vide » comme une « une hérésie économique et plus encore écologique »

20 Minutes avec AFP

— 

Un avion arrive à Roissy-Charles-de-Gaulle. (illustration)
Un avion arrive à Roissy-Charles-de-Gaulle. (illustration) — Mario FOURMY/SIPA

La Commission européenne va proposer un assouplissement temporaire des règles sur les créneaux aéroportuaires pour éviter les vols à vide et aider le secteur aérien affecté par les conséquences du coronavirus, a annoncé mardi après-midi sa présidente Ursula von der Leyen. « Nous voulons qu’il soit plus facile pour les compagnies aériennes de garder leurs créneaux aéroportuaires même si elles n’opèrent pas de vols dans ces créneaux en raison du déclin du trafic. »

Ces vols à vide sont « une hérésie économique et plus encore écologique » a commenté mardi soir Emmanuel Macron en se félicitant de la décision de la Commission, à l’issue du premier sommet par visioconférence de l’histoire de l’UE, un choix selon lui « pertinent sur le plan sanitaire comme sur le plan environnemental » pour réagir vite à la crise. « La Commission prendra une décision pour dire que ces slots seront préservés pour les compagnies, permettant à celle-ci de ne pas tourner à vide », a-t-il précisé.

Pas une première

L’Association internationale du transport aérien (Iata) et l’association européenne des gestionnaires de ces créneaux (EUACA) notamment avaient appelé à une suspension de ces règles, selon lesquelles les compagnies aériennes doivent utiliser au moins 80 % des créneaux horaires qui leur sont attribués dans les aéroports, faute de quoi elles perdent leurs droits la saison suivante. La présidente de la Commission européenne a précisé qu’il s’agirait d’une « mesure temporaire », sans plus de précision sur la forme qu’elle prendrait.

Cette mesure devra suivre la voie législative classique, en étant approuvée et adoptée par le Parlement européen et les Etats membres. « Cela soulagera la pression sur l’industrie aérienne et en particulier sur les plus petites compagnies », a poursuivi Ursula von der Leyen. « Mais cela fera aussi baisser les émissions (de gaz à effet de serre) en évitant les "vols fantômes", quand les compagnies font voler des avions presque vides juste pour garder leurs créneaux », a-t-elle ajouté. L’UE avait déjà eu recours à de telles dérogations lors de l’épidémie de Sras en 2003 et après les attentats du 11 septembre 2001.