Sahel : Un général américain estime que les Européens sont « mal coordonnés »

MILITAIRE Le général Stephen Townsend était auditionné sur la situation au Sahel par le Chambre des représentants

20 Minutes avec AFP

— 

Un militaire de l'opération Barkhane au Mali en opération. (archives)
Un militaire de l'opération Barkhane au Mali en opération. (archives) — Laurence Geai/SIPA

Les opérations antidjihadistes des Européens au Sahel ne sont ni suffisantes ni assez coordonnées, a estimé mardi un haut responsable militaire américain, notant que les groupes djihadistes qui opèrent dans cette région visent davantage l’Europe que les Etats-Unis. « Beaucoup d’aide (militaire) occidentale arrive dans cette région, de la part des Européens, des Français et des Européens avec le soutien des Etats-Unis. Je pense qu’elle est insuffisante et mal coordonnée », a déclaré le chef du commandement américain pour l’Afrique (Africom), le général Stephen Townsend.

« Je pense que les Français et les Européens le reconnaissent et qu’ils prennent des mesures », a ajouté le général Townsend, qui était questionné par les élus de la Chambre des représentants sur la revue de la posture américaine en Afrique actuellement menée au Pentagone. « Je pense que l’Europe peut et doit en faire davantage avant que les Etats-Unis en fassent davantage dans cette partie du monde », a-t-il ajouté. « Coordonner ces efforts pourrait en fait être suffisant. »

Un risque pour l’Europe mais pas pour les Etats-Unis

Alors que les élus s’inquiétaient du risque pour les Etats-Unis d’un retrait militaire américain du Sahel, le général Townsend a estimé que les djihadistes opérant dans cette zone étaient plus dangereux pour l’Europe que pour les Etats-Unis. « Les problèmes issus de l’Afrique de l’Ouest se manifesteront en Europe avant de se manifester en Amérique », a-t-il affirmé. La sous-secrétaire à la Défense en charge de l’Europe et l’Afrique au Pentagone, Kathryn Wheelbarger, a noté que Washington avait évoqué cette question avec les autorités françaises.

« Les Français soulignent l’importance du soutien américain à leurs opérations », a-t-elle dit. « Il y a simplement certaines capacités qu’ils n’ont pas. » « Ce que nous avons essayé de faire, c’est de les encourager à accélérer leurs processus de décision quant à l’acquisition de ces capacités, pour qu’ils ne dépendent plus du soutien des Etats-Unis », a-t-elle expliqué. La France, qui mène une opération antidjihadiste forte de 4.500 hommes au Sahel et bénéficie d’une aide logistique de Washington, s’est montrée particulièrement inquiète du réajustement annoncé des forces militaires américaines en Afrique.