Afghanistan : Les Etats-Unis entament le retrait de ses troupes de deux bases militaires

ACCORD Le 29 février, lors d’une réunion à Doha, les Etats-Unis se sont engagés au retrait total des forces étrangères d’Afghanistan sous 14 mois, si les talibans respectent des engagements sécuritaires

20 Minutes avec AFP

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La base militaire américaine à Watahpur en Afghanistan (Illustration).
La base militaire américaine à Watahpur en Afghanistan (Illustration). — Manjunath KIRAN / AFP

Une semaine après la signature d’un accord entre les Etats-Unis et les talibans, l’armée américaine a commencé à se retirer de deux bases d’Afghanistan, dont l’une dans un bastion des insurgés, a annoncé un responsable américain ce mardi.

Ces deux bases sont situées à Lashkar Gah, la capitale de la province du Helmand (sud) et dans la province d’Herat (Ouest), a précisé ce responsable américain.

Un retrait total des forces militaires d’ici 14 mois

Selon le texte de l’accord, le nombre de soldats américains sur place doit passer de 12 ou 13.000 à 8.600 d’ici mi-juillet. Cinq de la vingtaine de 20 bases américaines dans le pays doivent être évacuées. Les forces américaines conservent « tous les moyens (…) pour atteindre (leurs) objectifs », avait toutefois déclaré lundi le colonel Sonny Leggett, porte-parole des forces américaines en Afghanistan. Selon Omar Zwak, porte-parole du gouverneur du Helmand, seuls « 20 ou 30 » soldats étrangers ont toutefois quitté Lashkar Gah depuis le week-end.

Désireux de mettre fin à la plus longue guerre de leur histoire, les Etats-Unis se sont engagés dans l’accord de Doha au retrait total des forces étrangères d’Afghanistan sous 14 mois, si les talibans respectent des engagements sécuritaires. Le Helmand est, avec la province voisine de Kandahar, considéré comme un bastion des talibans, où les troupes américaines et britanniques ont été particulièrement visées en 18 ans de conflit afghan.

L’Afghanistan en pleine crise institutionnelle

Cette première réduction des effectifs intervient alors que les talibans, qui considèrent l’accord comme une « victoire » contre les Etats-Unis, mettent à l’épreuve la volonté de Washington de protéger ses partenaires afghans, notamment dans le Helmand. Le 3 mars, l’armée américaine s’était résolue à une première frappe aérienne contre les insurgés après l’accord à Doha après qu’ils eurent attaqué à 43 reprises en une journée les forces afghanes dans cette province.

Selon les termes de l’accord, les insurgés s’engagent à combattre les groupes djihadistes présents dans le pays ainsi qu’à participer à des discussions avec le gouvernement afghan. Il est toutefois peu probable que Kaboul puisse présenter une délégation capable de faire face aux talibans à la table des négociations inter-afghanes, censées démarrer mardi mais qui seront selon toute vraisemblance reportées. Lundi, Ashraf Ghani, vainqueur de la présidentielle de septembre, et son principal rival Abdullah Abdullah, qui revendique également la victoire, se sont tous deux déclarés présidents d’Afghanistan, plongeant le pays dans une crise institutionnelle.