VIDEO. Afghanistan : Deux explosions pendant les cérémonies d’investiture concurrentes de Ghani et Abdullah

ELECTIONS Lors du scrutin de septembre, Ashraf Ghani a obtenu 50,64 % des voix contre 39,52 % pour Abdullah Abdullah

20 Minutes avec AFP

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Les préparatifs de la cérémonie d'investiture du président sortant Ashraf Ghani à Kaboul, le 9 mars 2020.
Les préparatifs de la cérémonie d'investiture du président sortant Ashraf Ghani à Kaboul, le 9 mars 2020. — Wakil KOHSAR / AFP

Deux explosions ont retenti, ce lundi à Kaboul (Afghanistan), pendant les cérémonies d'investiture concurrentes d'Ashraf Ghani et de son principal rival Abdullah Abdullah, tous les deux estimant avoir remporté l'élection présidentielle de septembre.

«Je ne porte pas de gilet par balles, seule ma chemise, et je resterai même si je dois y laisser ma tête !», a lancé Ashraf Ghani sans quitter l'estrade, après avoir juré «d'obéir et de protéger» l'Islam et de «respecter et de superviser l'application de la Constitution».

Un scénario qui rappelle le scrutin de 2014

Le chef de l'Etat sortant, un long turban blanc sur le chef, a été investi devant un parterre de diplomates quelques minutes avant que Abdullah Abdullah, le perdant du scrutin de septembre 2019, ne se déclare également président d'Afghanistan dans une autre aile du palais présidentiel. «Le peuple afghan m'a confié une énorme responsabilité, et je suis déterminé à (le) servir», a déclaré le chef de l'exécutif du précédent gouvernement d'union nationale. Le scénario rappelle les pires moments du scrutin de 2014, que les deux mêmes protagonistes affirmaient également avoir remporté.

La crise constitutionnelle avait alors duré trois mois et n'avait été solutionnée que grâce à une médiation des Etats-Unis. Le 29 février dernier, les Etats-Unis avaient pourtant signé, à Doha, un accord avec les talibans dans lequel ils s'engagent à un retrait complet des troupes étrangères sous 14 mois, en échange de garanties sécuritaires. Et le moment ne pourrait être plus mal choisi car un dialogue inter-afghan doit réunir mardi les talibans, les autorités, l'opposition et la société civile, pour tenter de trouver un terrain d'entente sur l'avenir du pays. La division au sein de l'exécutif ne peut qu'affaiblir Kaboul et renforcer les positions des insurgés

Les prisonniers talibans en échange des forces afghanes

Des discussions de dernière minute visant à trouver un compromis ont duré jusqu'à tard dans la nuit de dimanche à lundi mais n'ont pas abouti. Les négociations inter-afghanes, actées dans l'accord de Doha, devraient être retardées. Ashraf Ghani refuse d'honorer l'un des principaux points de ce texte, non ratifié par son gouvernement: la libération de jusqu'à 5.000 prisonniers talibans en échange de celle de jusqu'à 1.000 membres des forces afghanes.

«Les talibans vont dire à l'équipe du gouvernement de régler leurs problèmes internes puis venir et parler», pronostique l'analyste Atta Noori. «L'unité est leur seule option s'ils veulent gagner à la table des négociations.» Les talibans, toujours opposés aux élections en Afghanistan, n'ont jamais reconnu le gouvernement de Kaboul.