Ecosse : L’ancien Premier ministre Alex Salmond jugé pour agressions sexuelles

PROCES Alex Salmond doit répondre à 14 chefs d’inculpation pour des agressions sexuelles et des attentats à la pudeur qui auraient été commis entre juin 2008 et novembre 2014

20 Minutes avec AFP

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L'ex-chef du gouvernement écossais Alex Salmond a été mis en examen pour harcèlement sexuel
L'ex-chef du gouvernement écossais Alex Salmond a été mis en examen pour harcèlement sexuel — ANDY BUCHANAN / AFP

L'ex-Premier ministre écossais Alex Salmond, ténor de la cause indépendantiste devenu politicien déchu, est jugé, à partir de ce lundi devant la Haute cour d’Édimbourg, pour des agressions sexuelles contre dix femmes, dont deux tentatives de viol.

Lors d’une première audience préliminaire en novembre dernier, l’ex-homme politique de 65 ans, chef du gouvernement écossais de 2007 à 2014, avait plaidé non coupable. Il avait juré de se défendre « vigoureusement » durant son procès, qui doit durer quatre semaines.

« Je suis innocent de tout crime ou délit, quel qu’il soit »

L’ancien leader, qui avait conduit l’Écosse au seuil de l’indépendance, doit répondre de 14 chefs d’inculpation, des agressions sexuelles et des attentats à la pudeur qui auraient été commis entre juin 2008 et novembre 2014. En vertu des règles judiciaires en vigueur, les victimes ne peuvent être identifiées par les médias. Cela va du baiser forcé aux attouchements, jusqu’à une « intention de violer » et une tentative de viol dans sa résidence officielle pendant la campagne du référendum sur l’indépendance de l’Écosse en 2014. Alex Salmond avait alors, selon l’accusation, embrassé de force une femme avant de la pousser contre un mur, d’essayer d’arracher ses vêtements et de se mettre nu lui-même, puis il avait essayé de la violer sur un lit.

« Je suis innocent de tout crime ou délit, quel qu’il soit », avait-il déclaré devant un tribunal écossais après son inculpation en janvier 2019. Il avait été arrêté puis libéré sous caution. « Je vais me défendre jusqu’au bout devant les tribunaux », avait ajouté celui qui fut également député au Parlement britannique de Londres. Quelques mois avant son inculpation, l’ex-responsable politique au visage rond et à l’air bonhomme avait quitté en août 2018 le SNP, parti nationaliste au pouvoir en Écosse, afin de ne pas porter préjudice à une formation dont il était membre de longue date.

Le « mentor » de Nicola Sturgeon

Nicola Sturgeon, la «First Minister» actuelle, qui lui a succédé à la tête du gouvernement écossais et du SNP, avait alors exprimé son « énorme tristesse » de voir partir son « ami et mentor pendant trois décennies ». Elle avait ajouté que les plaintes à son encontre ne pouvaient pas être « mises sous le tapis ». Après une enquête interne, c’est le gouvernement écossais qui avait rapporté les accusations à la police. Ancien fonctionnaire et économiste de la Bank of Scotland, Alex Salmond avait pris en 1990 les rênes du Scottish National Party, formation très hétérogène qu’il a contribué à recentrer.

Il en avait claqué la porte en 2000 après un revers électoral, avant de revenir à sa tête quatre ans plus tard. En 2011, sous sa direction, le SNP avait raflé la majorité absolue au Parlement écossais de Holyrood, lui laissant espérer que l’indépendance de l’Écosse était à portée de main. Le « non » l’avait finalement emporté lors du référendum sur l’indépendance de septembre 2014, provoquant quelques semaines plus tard la démission de Alex Salmond de son poste de Premier ministre.