RDC : Greenpeace dénonce l’opacité des contrats d’exploitation des forêts

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE Selon Greenpeace, « au moins neuf contrats de concession forestière en janvier » ont été signés par le ministre de l’Environnement en RDC

20 Minutes avec agences

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Photo d'illustration — Lars Nissen Photoart / Pixabay

L’immense forêt de la République démocratique du Congo (RDC), vitale dans la lutte contre le réchauffement climatique, alimentait ce jeudi une polémique entre Greenpeace et le gouvernement, accusé d’opacité dans l’attribution des contrats d’exploitation. L’organisation mondiale ainsi que d’autres ONG ont accusé le ministre de l’Environnement d’avoir signé « au moins neuf contrats de concession forestière en janvier », « couvrant une superficie totale de près de deux millions d’hectares (soit 20.000 kilomètres carrés) ».

L’ONG affirme que les nouvelles concessions ont été attribuées à « deux sociétés chinoises », juste après l’approbation d’une aide internationale de 12 millions de dollars au bénéfice de la RDC dans le cadre d’un « programme de gestion durable des forêts ».

Un moratoire sur l’attribution

« Le ministre doit respecter ses promesses de transparence et publier sur le site du ministère, d’ici ce vendredi, tous les documents afférents à ces attributions », ajoute Greenpeace sur son site. La forêt tropicale couvre les 2/3 de la superficie de la RDC, l’une des plus grandes au monde avec la forêt amazonienne.

Officiellement, seuls un peu plus de 11 millions d’hectares (110.000 kilomètres carrés) ont été concédés par l’État congolais à des industriels pour l’exploitation du bois. Tout aussi officiellement, il existe un moratoire sur l’attribution de nouvelles concessions dans le cadre du Code forestier de 2002.

Appel à lutter contre la pauvreté

« Il n’y pas de nouvelles concessions attribuées. Il y a eu changement de dénomination de la part des concessionnaires », s’est défendu le ministre de l’Environnement, Claude Nyamugabo. Le ministre était interrogé en marge de la clôture d’une rencontre sur la politique forestière de la RDC ce jeudi, à Kinshasa.

« Nous sommes en train de remplir les conditions pour lever ce moratoire en concertation avec nos partenaires », a-t-il néanmoins ajouté au sujet des conclusions de cette rencontre. « Si vous voulez que nous préservions nos forêts, appuyez-nous dans la lutte contre la pauvreté », a-t-il lancé aux principaux partenaires et bailleurs de la RDC (France, Norvège, Japon) en matière de protection.