Syrie : L’accord de cessez-le-feu russo-turc est entré en vigueur

TENSIONS Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan ont conclu, ce vendredi, un accord de cessez-le-feu en Syrie lors d’une réunion à Moscou

20 Minutes avec AFP

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Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan lors d'une rencontre à Moscou, le 5 mars 2020.
Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan lors d'une rencontre à Moscou, le 5 mars 2020. — Pavel Golovkin / POOL / AFP

Une trêve qui intervient après plusieurs jours d’intenses combats. L’accord de cessez-le-feu dans le nord-ouest de la Syrie, annoncé jeudi par la Russie et la Turquie, est entré en vigueur, ce vendredi matin.

Après plusieurs jours de combats intenses qui ont provoqué une catastrophe humanitaire, les frappes aériennes russes et syriennes se sont arrêtées, ce vendredi, dans la province d’Idleb.  Le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan ont annoncé plus tôt, lors d’une conférence de presse commune au Kremlin, ce cessez-le-feu à partir de minuit vendredi, une décision intervenue après une escalade de la violence dans la région d’Idleb.

Un « couloir de sécurité » commun mis en place

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a émis l’espoir que cet accord de cessez-le-feu mène à « une cessation des hostilités immédiate et durable », tandis que le Conseil de sécurité a prévu une réunion vendredi à partir de 18 heures, à la demande de la Russie. Moscou a demandé que cette réunion ait lieu à huis clos pour informer les membres du conseil de sécurité sur l’accord de cessez-le-feu, a indiqué une source diplomatique. Selon le texte de l’accord, la Russie et la Turquie organiseront à partir du 15 mars des patrouilles communes sur une large portion de l’autoroute M4, un axe crucial pour le régime traversant la région syrienne d’Idleb.

Ce sera la première fois que Russes et Turcs patrouillent ensemble dans cette zone. Moscou et Ankara ont aussi prévu de mettre en place un « couloir de sécurité » de six kilomètres de profondeur de part et d’autre de cette autoroute, soit une zone tampon de 12 kilomètres de large au total. Les paramètres définissant cette zone seront définis sous sept jours, selon le texte. L’accord doit mettre un terme à des semaines d’intenses combats autour d’Idleb, l’ultime bastion des rebelles et des djihadistes dans le nord-ouest de la Syrie où la Turquie est intervenue contre les forces du régime de Bachar al-Assad, soutenues par la Russie.

« Notre objectif est d’éviter que la crise humanitaire n’empire »

Ces violences ont provoqué une catastrophe humanitaire, avec près de 500 civils tués et environ un million de personnes déplacées vers la frontière turque. Le ministère turc a ajouté tôt vendredi que des drones armés turcs avaient « neutralisés » 21 militaires du régime syrien dans des tirs à 16 heures, heure locale jeudi, en riposte aux 34 soldats turcs tués le week-end dernier. « Notre objectif est d’éviter que la crise humanitaire n’empire », a déclaré Recep Tayipp Erdogan à Moscou, prévenant toutefois que son pays « se réserve le droit de répliquer de toutes ses forces et partout à toute attaque du régime » de Damas.

S’exprimant avant son homologue turc, Vladimir Poutine avait émis l’espoir que ce texte serve de « base solide pour mettre un terme aux combats dans la zone de désescalade d’Idleb » et pour « stopper les souffrances de la population civile ». L’intensification des combats à Idleb avait abouti à des tensions diplomatiques entre la Russie, un allié du régime syrien, et la Turquie, qui appuie les rebelles, faisant planer un risque d’affrontement direct entre ces deux pays qui se sont imposés en tant que principaux acteurs internationaux dans le conflit syrien. La Turquie, qui accueille déjà 3,6 millions de Syriens sur son sol, a réclamé mercredi un soutien européen aux « solutions politiques et humanitaires turques en Syrie ».