Coronavirus : L’Italie ferme toutes ses écoles et universités par « précaution » jusqu’au 15 mars

EPIDEMIE L’Italie a pris cette décision « lourde » afin d'éviter la propagation de la maladie et la surchauffe de son système de santé

20 Minutes avec AFP

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Deux touristes masqués dans le métro de Milan, le 24 février 2020.
Deux touristes masqués dans le métro de Milan, le 24 février 2020. — Andreas SOLARO / AFP

En Italie, l’épidémie de coronavirus a dépassé le seuil symbolique des cent morts. Le gouvernement a ainsi annoncé ce mercredi la fermeture de toutes les écoles et universités, « à titre de précaution », dans le troisième pays le plus touché au monde.

Cette mesure sera « effective à partir de demain » jeudi, a précisé le premier ministre Giuseppe Conte lors d’une brève conférence de presse à l’issue d’un Conseil des ministres exceptionnel. L’Italie, 7e économie mondiale, est le premier pays européen et du G7 à adopter une mesure aussi draconienne. « En ce moment, nous nous concentrons sur l’adoption de toutes les mesures pour endiguer le virus ou retarder sa diffusion parce que le système de santé, bien qu’efficace et excellent, risque d’entrer en surchauffe », a-t-il expliqué.

Des cours assurés à distance

La ministre de L’Education Lucia Azzolina a reconnu que fermer les établissements jusqu’au 15 mars était une « décision lourde », tout en « s’engageant » à ce que « ce service public essentiel continue à être assuré à distance ». Les écoles et universités étaient déjà fermées dans les trois régions les plus touchées : la Lombardie (la région de Milan), l’Emilie-Romagne et la Vénétie (autour de Venise).

La quasi-totalité des 21 régions italiennes ont recensé des cas de contagion, sauf pour le moment le Val D’Aoste, frontalier de la France. Le gouvernement a expliqué qu’il fallait absolument limiter au maximum les contacts et intervenir le plus vite possible pour stopper la propagation du virus. Le Premier ministre Conte a réuni tous ses ministres mercredi et les discussions ont été consacrées « en grande partie à la situation dans les écoles et universités », alors que l’Italie est juste derrière la Chine et la Corée du Sud en nombre de cas de contaminations, en l’occurrence 3.089 selon le dernier bilan publié mercredi soir par la Protection civile italienne.

295 Italiens en soins intensifs

Le précédent bilan datant de mardi donnait 79 morts et 2.502 cas, soit une hausse en 24 heures de 28 morts et 587 cas. Parmi les 1.346 personnes encore hospitalisées mercredi, 295 se trouvent en soins intensifs, soit toujours environ 10 % des cas.

« 3,47 % des personnes contaminées sont décédées et 8,94 % sont guéries », a précisé le chef de la Protection civile Angelo Borrelli, expliquant que « les régions touchées renforcent les structures d’accueil pour assurer les soins intensifs » et qu’il n’y a pas de difficultés notables. Selon les médias, le gouvernement étudie d’autres mesures de précaution réunies au sein d’un décret, comme respecter une distance de sécurité d’au moins un mètre entre les personnes, éviter poignées de mains et bises, et jouer les matchs de foot à huis clos. Les supporteurs n’auraient pas non plus accès aux entraînements des équipes. Les mesures affectant le football, valables un mois, pourraient être révisées au bout de deux semaines.

Eviter les foules

Le décret prévoirait aussi d’éviter au maximum rassemblements et foules. C’est pourquoi tous les salons, conférences et congrès devraient être reportés, en particulier dans le secteur de la santé, de manière à libérer au maximum le personnel sanitaire.

Il serait aussi conseillé à toutes les personnes âgées de plus de 75 ans de rester chez elles et de ne pas fréquenter de lieux publics. Ce conseil est étendu aux personnes de plus de 65 ans présentant des pathologies susceptibles de s’aggraver au contact du coronavirus. L’essentiel des morts italiens étaient des personnes âgées – en moyenne des octogénaires et nonagénaires – ou atteintes de pathologies antérieures.