Malgré la décision turque, les frontières de l’Europe resteront « fermées » aux migrants, assure Jean-Yves Le Drian

IMMIGRATION La Turquie a affirmé vendredi qu’elle avait ouvert ses frontières avec l’Europe pour laisser passer les migrants

20 Minutes avec AFP
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Des migrants à la frontière turco-grecque, le 29 février 2020.
Des migrants à la frontière turco-grecque, le 29 février 2020. — BULENT KILIC / AFP

L’Europe ne « cédera pas au chantage » migratoire exercé par la Turquie et ses frontières resteront « fermées » aux personnes migrantes envoyées par ce pays, a déclaré ce mercredi le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

« Je voudrais relever que la pression migratoire qui est aujourd’hui aux portes de l’Europe – de la Grèce, un peu de la Bulgarie, un peu de Chypre – est organisée par le régime du président Erdogan pour constituer un élément de chantage à l’égard de l’Union européenne », a-t-il lancé lors d’une séance de questions au gouvernement au Sénat. « L’Union européenne ne cédera pas à ce chantage (…) Les frontières de la Grèce et de l’espace Schengen sont fermées et nous ferons en sorte qu’elles restent fermées, que les choses soient claires ! », a ajouté le ministre français des Affaires étrangères.

La crainte d’une crise migratoire

La Turquie a affirmé vendredi qu’elle avait ouvert ses frontières avec l’Europe pour laisser passer les migrants qui souhaitent s’y rendre, en dépit d’un pacte conclu en 2016 entre Ankara et Bruxelles aux termes duquel le gouvernement turc s’est engagé à lutter contre les passages illégaux.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a indiqué mercredi qu’une résolution de la crise migratoire passait par un soutien européen à Ankara en Syrie, au moment où de nouveaux heurts ont éclaté entre réfugiés et policiers à la frontière grecque. Outre les 3,6 millions de réfugiés syriens présents en Turquie, près d’un million d’entre eux, fuyant l’offensive du président Bachar Al-Assad et de son allié russe à Idli,b dans le nord-ouest de la Syrie, se pressent le long de la frontière turque côté syrien.

« La crise que connaît actuellement le nord de la Syrie est dramatique, on va vers un véritable cataclysme », a estimé Jean-Yves Le Drian, en pointant la responsabilité du régime de Damas dans cette situation, constitutive de possibles « crimes de guerre ». « Dans cette zone, sur les 3 millions d’habitants, vous avez 1,5 million de réfugiés qui ne passeront pas en Turquie puisque la frontière là est vraiment fermée et qui sont dans un état de dénuement, de détresse considérable », a-t-il dit.