Inde : L’exécution de quatre hommes condamnés pour viol collectif à Delhi à nouveau reporté

SENTENCE Les quatre hommes ont été condamnés à la peine de mort pour le viol collectif d’une jeune femme de 23 ans, le 16 décembre 2012 à Delhi

20 Minutes avec AFP

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Des manifestations contre les violences sexuelles et les viols à  Bangalore en Inde, le 11 décembre 2019.
Des manifestations contre les violences sexuelles et les viols à Bangalore en Inde, le 11 décembre 2019. — STR / AFP

L’exécution de quatre hommes, condamnés à mort pour le viol collectif d’une étudiante dans un bus de Delhi en 2012, a été une nouvelle fois reportée, a annoncé la justice indienne, ce lundi.

Mukesh Singh, Vinay Sharma, Pawan Gupta et Akshay Thakur, les quatre hommes condamnés, devraient être pendus mardi vers 6 heures, heure locale (1h30, heure française) dans la prison de Tihar de la capitale indienne. À la dernière minute, un juge de Delhi a repoussé l’exécution car la demande de grâce présidentielle d’un des condamnés, déposée à peine quelques heures avant, n’a pas encore été rejetée.

Des recours déposés tour à tour

Aucune nouvelle date n’a été annoncée. C’est la troisième fois que cette exécution, initialement prévue le 22 janvier, est ajournée au motif que les détenus conservent des options judiciaires. « Nous nous y attendions, j’ai bon espoir que la prochaine date soit la bonne », a déclaré à la presse Badrinath Singh, le père de la victime. Les quatre détenus, qui doivent être pendus ensemble, se relaient depuis des semaines pour déposer à tour de rôle des recours tardifs et ainsi gagner du temps.

Irritée, la justice leur avait fixé début février un ultimatum d’une semaine pour épuiser tous leurs recours, en vain. Le viol collectif de Delhi du 16 décembre 2012, dont la victime de 23 ans avait succombé à ses blessures, avait braqué une lumière crue sur le lourd silence autour des violences sexuelles en Inde, les carences de son système judiciaire en matière de lutte contre les viols et, au-delà, le traitement des femmes dans la société indienne.

Des exécutions rares dans le pays

L’affaire avait provoqué une onde de choc dans l’opinion publique et entraîné de gigantesques manifestations dans le pays. À la suite du drame, les autorités avaient durci la législation contre les violences sexuelles et prévu des procédures judiciaires accélérées. Des six suspects arrêtés par les forces de l’ordre, le meneur présumé est mort en détention, officiellement d’un suicide.

Un autre, encore mineur à l’époque, a bénéficié d’une peine réduite en raison de son âge et a été libéré au bout de trois ans. L’Inde applique rarement la peine de mort, préférant commuer les peines capitales en prison à vie, et ne procède aux exécutions que dans de rares cas emblématiques. La dernière pendaison en date dans le pays remonte à 2015.