Primaire démocrate : Bataille Sanders-Biden, arrivée de Bloomberg… Les super enjeux du « Super Tuesday »

ANALYSE Alors que quatorze Etats votent mardi aux Etats-Unis, un duel entre Bernie Sanders et Joe Biden arbitré par Michael Bloomberg se profile, après les abandons de Pete Buttigieg et d’Amy Klobuchar

Philippe Berry

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Les candidats démocrates Michael Bloomberg, Elizabeth Warren, Bernie Sanders, Joe Biden, Pete Buttigieg et Amy Klobuchar lors du débat télévisé du 19 février 2020.
Les candidats démocrates Michael Bloomberg, Elizabeth Warren, Bernie Sanders, Joe Biden, Pete Buttigieg et Amy Klobuchar lors du débat télévisé du 19 février 2020. — Matt Baron/REX/SIPA
  • Quatorze Etats américains votent ce mardi et vont attribuer près d’un tiers des délégués en jeu dans la primaire démocrate.
  • Bernie Sanders fait la course en tête, mais Joe Biden s’est relancé en s’imposant en Caroline du Sud.
  • Après avoir dépensé 500 millions de dollars, Mike Bloomberg fait son entrée dans la bataille, alors que Pete Buttigieg et Amy Klobuchar ont jeté l’éponge.

L’heure de vérité est arrivée. Après un galop d'essai de quatre scrutins, quatorze Etats américains votent en même temps ce mardi. C’est le « Super Tuesday », une étape souvent décisive, car un tiers des délégués en jeu dans la primaire démocrate seront attribués d’un seul coup.

La course s'est resserrée de manière spectaculaire ce week-end après la victoire critique de Joe Biden en Caroline du Sud. Dimanche, Pete Buttigieg a jeté l'éponge, et Amy Klobuchar a fait de même lundi, appelant à voter pour Biden. Le duel entre Bernie Sanders et Joe Biden va donc bien avoir lieu, et sera arbitré par Mike Bloomberg, qui fait son entrée après avoir  dépensé un demi-milliard de dollars.

Bernie Sanders va-t-il tuer le match ?

Sanders arrive dans le rôle du favori. Après deux victoires et deux secondes places, le sénateur du Vermont a 10 points d’avance sur ses adversaires dans les sondages (30 %) et peut compter sur l’enthousiasme d’une large coalition portée par les jeunes et les latinos.

Sanders a lourdement investi en Californie et au Texas, les deux gros lots du jour, avec 415 et 228 délégués. S’il s’impose avec un écart conséquent, il pourrait terminer la soirée avec plus de 600 voire 700 délégués au compteur, soit environ un tiers de la majorité absolue (1.991) nécessaire pour être couronné à la convention de Milwaukee mi-juillet.

Joe Biden en position de challenger ?

Il était au bord du K.O. après sa 5e place dans le New Hampshire. Mais comme il le répète, « ce qui compte dans la vie, c’est de se relever ». Après une 2e place dans le Nevada, son « firewall » a fonctionné en Caroline du Sud, qu’il a remporté samedi grâce au soutien de l’électorat afro-américain.

Comme le « come-back kid » Bill Clinton, Biden mise sur une reconquête par le Sud (Alabama, Tennessee, Caroline du Nord et Texas). Et profiter du report des voix modérées de Buttigieg et Klobuchar.

Les dollars de Bloomberg vont-ils payer ?

Candidat à la dernière minute, Michael Bloomberg a raté les quatre premiers scrutins. Mais l’ancien maire de New York a dépensé 500 millions de dollars – du jamais vu, et plus que tous les autres candidats réunis – pour submerger les Etats du Super Tuesday de spots publicitaires.

Cela suffira-t-il à faire oublier sa performance catastrophique lors de son premier débat télévisé ? S’il termine loin derrière Joe Biden, il pourrait bien avoir dépensé une fortune pour rien.

Warren va-t-elle survivre ?

Après un départ prometteur mais sans soutien chez les minorités, Pete Buttigieg a décidé de jeter l’éponge, dimanche, pour contribuer à « unifier le parti ». Lundi, c'est Amy Klobuchar qui l'a imité, appelant à soutenir Joe Biden. Tous les regards sont désormais braqués sur Elizabeth Warren, qui n'a décroché que des places d'honneur jusqu'à présent.

Warren a juré de continuer jusqu’à la convention, empêchant potentiellement Bernie Sanders, avec qui ses relations sont plus que tendues, d’atteindre la majorité. On assisterait alors à la bataille sanglante d’une « convention contestée » arbitrée par les « super délégués ». Des cadres du parti et des élus modérés qui tremblent à l’idée d’une candidature du « démocrate socialiste ». Le suspense reste entier.