VIDEO. La Turquie ne stoppera plus les migrants essayant de se rendre en Europe

MIGRATIONS La Turquie dit n’avoir ni « les moyens ni les ressources » d’accueillir plus de migrants sur son territoire

20 Minutes avec AFP

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Un soldat de l'armée syrienne, soutenu par les Turcs, dans la province d'Idleb, le 27 février 2020.
Un soldat de l'armée syrienne, soutenu par les Turcs, dans la province d'Idleb, le 27 février 2020. — Bakr ALKASEM / AFP

Désormais, la Turquie n’empêchera plus les migrants qui essaient de se rendre en Europe de franchir la frontière. La décision d'« ouvrir les portes » a été prise lors d’un conseil de sécurité extraordinaire présidé par le chef de l’Etat Recep Tayyip Erdogan dans la nuit de jeudi à vendredi.

Cette mesure a été prise après la mort d’au moins 33 militaires turcs dans la région d’Idleb (nord-ouest de la Syrie) dans des frappes aériennes attribuées par Ankara au régime syrien. « Nous ne retiendrons plus ceux qui veulent se rendre en Europe », a déclaré ce responsable sous couvert d’anonymat. Selon les médias turcs, des groupes de migrants se dirigeaient vendredi matin en direction de la frontière avec la Grèce dans l’ouest de la Turquie. L’agence de presse DHA a ainsi rapporté qu’environ 300 migrants syriens, irakiens ou encore iraniens étaient arrivés dans la province d’Edirne, à la frontière grecque.

Une hausse des arrivées enregistrée

Dans le passé, la Turquie a plusieurs fois menacé d'« ouvrir les portes » de l’Europe aux migrants, les observateurs y voyant une manière de faire pression sur les pays de l’Union européenne encore traumatisés par la crise migratoire de l’été 2015. Plusieurs centaines de milliers de personnes, fuyant en majorité les conflits au Proche-Orient, s’étaient alors rendues en Europe en transitant par la Turquie. En mars 2016, la Turquie et l’Union européenne ont conclu un pacte migratoire controversé qui a fait chuter drastiquement le nombre de passages vers la Grèce.

Mais Athènes et l’UE ont noté une hausse des arrivées ces derniers mois. Ces derniers mois, Ankara a plusieurs fois réclamé davantage d’aide européenne pour faire face à la catastrophe humanitaire à Idleb, où près d’un million de personnes ont fui les bombardements du régime de Damas et de son allié russe, se réfugiant pour la plupart près de la frontière turque.

« Nous accueillons déjà près de quatre millions de réfugiés et n’avons pas les moyens ni les ressources d’autoriser l’entrée sur notre territoire à un million de personnes supplémentaires », a déclaré ce vendredi le directeur de la communication de la présidence turque, Fahrettin Altun.