La mathématicienne Katherine Johnson, pionnière américaine de la conquête spatiale, est décédée

DISPARITION La scientifique avait notamment calculé les trajectoires d’Apollo 11, mission qui a permis à Neil Armstrong de marcher sur la Lune

20 Minutes avec AFP

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Katherine Johnson à la cérémonie des Oscars, le 26 février 2017.
Katherine Johnson à la cérémonie des Oscars, le 26 février 2017. — Stephen Lovekin/WWD/REX/SIPA

Ses calculs avaient permis aux Etats-Unis de conquérir la Lune. La mathématicienne Katherine Johnson s’est éteinte à l’âge de 101 ans, a annoncé ce lundi la NASA. Figure de la communauté afro-américaine, Katherine Johnson avait notamment inspiré le film Les figures de l’ombre, sorti en 2016, lui-même adapté du livre de Margot Lee Shetterly, qui racontait l’apport trop souvent ignoré des femmes noires dans la conquête américaine de l’espace.

La scientifique était d’ailleurs restée relativement inconnue jusqu’à ce que le président Barack Obama lui décerne en 2015 la médaille présidentielle de la Liberté, l’une des plus hautes distinctions civiles des États-Unis.

Un travail à l’écart en pleine ségrégation

Titulaire d’une licence de mathématiques, Katherine Johnson avait rejoint le programme spatial américain – qui n’était pas encore appelé Nasa – en 1953, afin de contrôler le travail de ses supérieurs à l’aide de calculs.

À cette époque, la ségrégation raciale était encore en vigueur aux États-Unis, et la scientifique œuvrait à un poste de colored computer («ordinateur de couleur ») avec des douzaines d’autres mathématiciens noirs, à l’écart de leurs collègues blancs.

C’est seulement en 1958 que son équipe a été intégrée à d’autres divisions de la Nasa, pour faire partie du premier programme de vol spatial habité des États-Unis. Katherine Johnson a alors participé aux calculs du vol d’Alan Shepard, le premier Américain à s’être rendu dans l’espace.

« Éliminer les barrières raciales »

Pendant sa carrière, la mathématicienne a développé des équations cruciales qui ont permis aux États-Unis d’envoyer des astronautes en orbite et sur la Lune, mais aussi des formules toujours utilisées dans la science aérospatiale contemporaine. Elle a notamment calculé les trajectoires d’Apollo 11, la mission qui a fait de Neil Armstrong le premier homme à marcher sur la Lune, en 1969.

La Nasa lui a rendu hommage ce lundi. « C’était une héroïne de l’Amérique, une pionnière dont l’héritage ne sera jamais oublié », a notamment écrit James Bridenstine, le patron de l’agence spatiale américaine.

Katherine Johnson a permis « d’éliminer les barrières raciales et liées au sexe », a de son côté salué la NAACP, la plus grande organisation de défense des Noirs aux Etats-Unis.