Royaume-Uni : La demande d’extradition de Julian Assange vers les USA passe devant la justice britannique

WIKILEAKS En 2010, Wikileaks a rendu public 250.000 câbles diplomatiques et 500.000 documents confidentiels portant sur les activités de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan

20 Minutes avec AFP

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Des supporters de Julian Assange devant la cour de justice britannique, le 24 février 2020.
Des supporters de Julian Assange devant la cour de justice britannique, le 24 février 2020. — DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

Julian Assange devant la justice britannique. Emprisonné au Royaume-Uni, le fondateur de Wikileaks va essayer de convaincre les juges de refuser son extradition vers les Etats-Unis, pays qui le réclame depuis la publication d’informations classifiées en 2010.

L’enjeu est grand pour Assange : accusé d’espionnage, il risque jusqu’à 175 ans de prison aux Etats-Unis. Personnage controversé, l’Australien de 48 ans a déclaré lors d’une audience préliminaire qu’il refusait de se « soumettre à une extradition pour un travail de journalisme qui a récolté de nombreuses récompenses et protégé beaucoup de gens ». D’abord poursuivi pour piratage informatique, Assange a vu s’alourdir en mai dernier les charges pesant contre lui lorsque la justice américaine l’a inculpé de 17 chefs supplémentaires, en vertu des lois anti-espionnage. Ses soutiens dénoncent dans ces poursuites un grave danger pour la liberté de la presse.

Une reprise des audiences en mai

Les Etats-Unis lui reprochent notamment d’avoir mis en danger certaines de leurs sources en publiant en 2010 sur Wikileaks 250.000 câbles diplomatiques et 500.000 documents confidentiels portant sur les activités de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Parmi ces documents figurait une vidéo montrant des civils tués par les tirs d’un hélicoptère de combat américain en Irak en juillet 2007.

La justice britannique va devoir déterminer si la demande d’extradition qui lui est soumise respecte un certain nombre de critères légaux, et notamment si elle n’est pas disproportionnée ou incompatible avec des droits de l’Homme. Julian Assange doit comparaître à partir de lundi matin et pour toute la semaine devant la Woolwich Crown Court, à proximité de la prison de Belmarsh, au sud-est de Londres. L’audience sera ensuite ajournée pour reprendre le 18 mai, pour trois semaines. La décision peut être frappée d’appel.

Sept ans dans l’ambassade d’Equateur

Julian Assange est incarcéré dans cet établissement pénitentiaire de haute sécurité depuis sa retentissante arrestation en avril dernier dans l’ambassade d’Equateur. Il y avait trouvé refuge près de sept ans plus tôt, alors qu’il craignait d’être extradé vers les Etats-Unis ou la Suède, où il faisait l’objet de poursuites pour viol. Assange a toujours rejeté ces accusations, et les poursuites ont été abandonnées il y a trois mois après de multiples rebondissements.

Lors d’une ultime audience procédurale mercredi dernier, la défense de Julian Assange a affirmé que le président Donald Trump avait offert au fondateur de Wikileaks de le gracier s’il disculpait la Russie dans une autre affaire de fuite de données, celle des courriels internes du parti démocrate américain. La Maison blanche a immédiatement démenti.

Vers un asile politique en France ?

Dans un document produit pour sa défense, l’avocate de Julian Assange, Jennifer Robinson, a affirmé que la proposition avait été faite par l’ex-député républicain Dana Rohrabacher « sur instruction » du président américain. Dana Rohrabacher a quant à lui affirmé avoir dit à Assange que s’il « donnait des preuves » pour dire qui était à l’origine de la fuite, il pourrait « appeler le président Trump à le gracier », démentant en revanche avoir fait une quelconque offre au nom du président américain.

Bénéficiant de nombreux soutiens, parmi lesquelles des organisations comme Amnesty international ou Reporters sans frontières, qui souligne que le fondateur de Wikileaks a « transmis des informations d’intérêt général à des journalistes », Julian Assange veut demander l’asile politique à la France.