L'Europe aspire à l'indépendance énergétique

F. V. - ©2008 20 minutes

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Un credo : ne pas froisser la Russie. En matière d'énergie, « trop souvent l'attitude de l'Europe envers la Russie est celle du donneur de leçons », estime Claude Mandil dans son rapport sur la sécurité énergétique, qui sert de référence à la France sur la question. Paris plaide donc pour un « dialogue équilibré ». Une attitude d'autant plus importante à ses yeux que 42 % des importations de gaz de l'UE proviennent de la Russie - qui elle-même dépend de l'Europe, son premier client. « On a besoin de la Russie. Si on la menace, les gazoducs russes se tourneront vers la Chine », rappelle-t-on au secrétariat d'Etat aux Affaires européennes.

Le message est passé. « La stratégie énergétique n'est pas contre la Russie », a ainsi assuré le président de la Commission européenne hier. A la veille du sommet UE-Russie, José Manuel Barroso présentait une stratégie détaillée pour accroître la sécurité énergétique de l'Europe. Bruxelles table notamment sur la diversification des approvisionnements. Pour éviter que Moscou n'utilise son gaz comme une arme politique en cas de conflit ? Que nenni, affirme José Manuel Barroso. Seulement parce que « c'est absolument naturel que différents pays européens puissent avoir plusieurs sources d'approvisionnement ».

La question de la réduction de la dépendance énergétique de l'UE envers la Russie revient régulièrement sur la table, surtout depuis le différend entre l'Ukraine et Moscou fin 2006, qui avait entraîné une brève rupture d'approvisionnement en Europe. Mais, malgré l'espoir de parvenir à un accord lors du Conseil européen des 11 et 12 décembre sur le « paquet énergie-climat », l'UE « n'a pas encore de résultat concret à offrir », admet Paris.