L'UE tente de renouer avec Moscou

Faustine Vincent - ©2008 20 minutes

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Retour à la realpolitik. Le sommet entre l'Union européenne et la Russie, qui s'ouvre aujourd'hui à Nice, consacre la réconciliation entre Bruxelles et Moscou après la crise géorgienne. Objectif : s'accorder sur un « partenariat stratégique », que l'Europe avait temporairement gelé pour obliger la Russie à retirer ses chars de Géorgie.

Malgré l'opposition de la Lituanie, l'UE a décidé lundi de relancer les négociations sur ce dossier. La France, présidente de l'UE, estime en effet que la Russie « a rempli ses obligations » et qu'elle « participe à la résolution des points restés en suspens » après l'accord de cessez-le-feu du 12 août, selon le Quai d'Orsay. Un avis que ne partage pas le président géorgien. De passage à Paris hier, où il a été reçu à l'Elysée, Mikhaïl Saakachvili a comparé le président russe Dmitri Medvedev à Hitler et a dénoncé la présence des soldats russes en Géorgie : « Ils occupent plus de 22 % du territoire. La Russie a déclaré qu'elle va rester là, elle a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. » Dans un entretien au Figaro, le chef du Kremlin juge en effet « irréversible » la décision de reconnaître l'indépendance des deux régions séparatistes, où la présence militaire russe ne relève pas, selon lui, de l'accord de paix mais de la seule décision de Moscou et des deux territoires en question.

Pour tenter de calmer le jeu, et ne pas donner l'impression de « lâcher » la Géorgie, les dirigeants de l'UE devraient réaffirmer aujourd'hui l'intégrité territoriale de l'ancienne province soviétique. Tout en sachant, comme l'a annoncé lundi le représentant russe auprès de l'UE, que Moscou a exclu d'accorder la moindre concession aux Européens.