Afghanistan : Un accord entre les Etats-Unis et les talibans en passe d’être signé le 29 février

DISCUSSIONS Les Etats-Unis avaient exigé comme préalable à tout accord une baisse des attaques des talibans en Afghanistan

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump et son secrétaire d'Etat Mike Pompeo, le 23 octobre 2019 à la Maison Blanche.
Donald Trump et son secrétaire d'Etat Mike Pompeo, le 23 octobre 2019 à la Maison Blanche. — Jacquelyn Martin/AP/SIPA

Si la baisse des violences continue, les Etats-Unis et les talibans devraient signer un accord le 29 février, ce qui constituerait un pas en avant historique en vue de pourparlers de paix en Afghanistan au bout de 18 ans de guerre.

Les Etats-Unis avaient exigé comme préalable à tout accord une baisse des attaques des talibans dans le pays. « Une fois (la baisse des violences) mise en œuvre avec succès, la signature de l’accord entre les États-Unis et les talibans devrait aller de l’avant », a déclaré Mike Pompeo. « Nous nous préparons à ce que la signature ait lieu le 29 février ». Cet accord porte sur un retrait des troupes américaines en échange de garanties sécuritaires des talibans.

Un accord qui ouvrirait la voie à une « paix durable »

« Après de longues négociations, (les deux parties) ont convenu de signer l’accord finalisé en présence d’observateurs internationaux (…) le 29 février », ont confirmé les talibans dans un communiqué. Tant les Etats-Unis que les insurgés vont désormais « créer une situation sécuritaire adéquate » avant cette date, ont-ils poursuivi. Moscou a immédiatement salué « un évènement important » pour la paix, l’Otan se félicitant de son côté d’un accord qui ouvre la voie à une « paix durable ». Javed Faisal, directeur du Conseil national de la sécurité d’Afghanistan, un organe gouvernemental, avait préalablement annoncé que la « réduction des violences » entre les talibans et les forces pro-gouvernementales et américaines démarrerait le 22 février pour « une semaine ».

« Nous espérons que cette réduction des violences mènera à un cessez-le-feu, et à une paix durable en Afghanistan », avait-il poursuivi, interrogé. Plusieurs sources talibanes ont confirmé cette information, qui si elle se vérifie sur le terrain, pourrait permettre le retrait progressif des 12 à 13.000 soldats américains basés en Afghanistan et la fin pour les Etats-Unis de sa plus longue guerre. Les talibans ont été chassés du pouvoir en Afghanistan par une coalition internationale menée par les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001 sur le sol américain. Les insurgés, qui gouvernaient à Kaboul depuis 1996, ont ensuite mené une guérilla incessante, qui a tué plus de 2.400 soldats américains et des dizaines de milliers de membres des forces de sécurité afghanes.

Les combats pourraient se poursuivre « dans les districts ruraux »

Washington a dépensé plus de 1.000 milliards de dollars pour cette guerre, qui a aussi fait plus de 10.000 morts parmi les civils afghans depuis 2009, selon l’ONU. « Nous avons reçu des ordres de nos dirigeants, nous demandant d’être prêts pour la réduction des violences qui démarrera samedi », a déclaré un taliban du district de Maiwand, dans la province de Kandahar (Sud). Un autre commandant taliban basé à Kandahar, Hafiz Saeed Hedayat, a toutefois affirmé que la diminution des combats ne s’appliquerait qu'« aux villes et aux principales routes ». « Cela signifie que peut-être la violence se poursuivra dans les districts » ruraux.

Une fois cet accord signé, des discussions inter-afghanes doivent s’ouvrir, alors que les talibans refusent depuis dix-huit ans de négocier avec le gouvernement de Kaboul, qu’ils considèrent comme une « marionnette » de Washington. D’après une source talibane au Pakistan, ces pourparlers devraient démarrer « le 10 mars ». Jeudi, le numéro 2 des insurgés Sirajuddin Haqqani avait déclaré les rebelles « pleinement engagés à travailler avec les autres parties » dans un « respect sincère afin de convenir d’un nouveau système politique inclusif ». « Nous sommes sur le point de signer un accord avec les États-Unis et nous sommes pleinement engagés à en appliquer toutes les dispositions, dans la lettre et l’esprit », avait-il écrit dans une tribune au quotidien américain New York Times.