L'UE se creuse la tête pour réduire sa dépendance énergétique à la Russie

ECONOMIE Près de la moitié des importations de gaz proviennent de la Russie...

Faustine Vincent

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M. Schröder, qui entretient des relations d'amitié avec le président russe Vladimir Poutine, s'était fortement investi quand il était chancelier pour faire aboutir ce projet de gazoduc de 4 milliards d'euros reliant la Russie à l'Allemagne.
M. Schröder, qui entretient des relations d'amitié avec le président russe Vladimir Poutine, s'était fortement investi quand il était chancelier pour faire aboutir ce projet de gazoduc de 4 milliards d'euros reliant la Russie à l'Allemagne. — Sergey Kulikov AFP/Archives

Un credo: ne pas froisser la Russie. En matière d'énergie, «trop souvent l'attitude de l'Europe envers la Russie est celle du donneur de leçon», estime Claude Mandil dans son rapport sur la sécurité énergétique, qui sert de référence à la France sur la question. Paris plaide donc pour un «dialogue équilibré». Une attitude d'autant plus importante à ses yeux que 42% des importations de gaz de l'UE provient de la Russie - qui dépend elle-même de l'Europe, son premier client. «On a besoin de la Russie. Si on la menace, les gazoducs russes se tourneront vers la Chine», rappelle-t-on au secrétariat d'Etat aux Affaires européennes.

Le message est passé. «La stratégie énergétique n'est pas contre la Russie», a ainsi assuré le président de la Commission européenne jeudi. A la veille du sommet UE-Russie à Nice, José Manuel Barroso présentait une stratégie détaillée pour accroître la sécurité énergétique de l'Europe. Bruxelles table notamment sur la diversification des approvisionnements. Pour éviter que Moscou n'utilise son gaz comme une arme politique en cas de conflit? Que nenni, affirme Barroso. Seulement parce que «c'est absolument naturel que différents pays européens puissent avoir plusieurs sources d'approvisionnement».

La question de la réduction de la dépendance énergétique de l'UE envers la Russie revient régulièrement sur la table, surtout depuis le différend entre l'Ukraine et Moscou fin 2006, qui avait entraîné une brève rupture d'approvisionnement en Europe. Mais, malgré l'espoir de parvenir à un accord mi-décembre sur le «Paquet énergie climat», l'UE «n'a pas encore de résultat concret à offrir», admet Paris.