L'UE renoue avec la Russie au grand dam de la Géorgie

DIPLOMATIE La mise au point d'un «partenariat stratégique sera au cœur du sommet de Nice...

Faustine Vincent

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Quelques heures plus tôt, le président Dmitri Medvedev avant annoncé à la World Policy Conference à Evian (est de la France) que le retrait serait effectif dès mercredi "avant minuit". Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne, a immédiatement salué, lors de cette même conférence, son homologue russe pour avoir tenu "sa parole".
Quelques heures plus tôt, le président Dmitri Medvedev avant annoncé à la World Policy Conference à Evian (est de la France) que le retrait serait effectif dès mercredi "avant minuit". Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne, a immédiatement salué, lors de cette même conférence, son homologue russe pour avoir tenu "sa parole". — Mikhail Klimentyev AFP

Retour à la realpolitik. Le sommet entre l'Union européenne et la Russie, qui s'ouvre ce vendredi à Nice, consacre la réconciliation entre Bruxelles et Moscou après la crise géorgienne. Objectif: s'accorder sur un «partenariat stratégique», que l'Europe avait temporairement gelé pour obliger la Russie à retirer ses chars de Géorgie.

Malgré l'opposition de la Lituanie, l'UE a décidé lundi de relancer les négociations sur ce dossier. La France, présidente de l'UE, estime en effet que la Russie «a rempli ses obligations» et qu'elle «participe à la résolution des points restés en suspens» après l'accord de cessez-le-feu du 12 août conclu entre Nicolas Sarkozy et son homologue russe Dmitri Medvedev, selon le Quai d'Orsay.

Saakachvili compare Medvedev à Hitler

Un avis que ne partage pas le président géorgien. De passage en France jeudi, où il a été reçu à l'Elysée, Mikheil Saakachvili a comparé le président russe Dmitri Medvedev à Hitler dénoncé la présence des soldats russes en Géorgie : «Ils occupent plus de 22% du territoire. La Russie a déclaré qu'elle va rester là, elle a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie.»

Dans un entretien au «Figaro», le chef du Kremlin a jugé en effet «irréversible» la décision de reconnaître l'indépendance des deux régions séparatistes, où la présence militaire russe ne relève pas, selon lui, de l'accord de paix mais de la seule décision de Moscou et des deux territoires en question.

Pour tenter de calmer le jeu, et ne pas donner l'impression de «lâcher» la Géorgie, les dirigeants de l'UE devraient réaffirmer ce vendredi l'intégrité territoriale de l'ancienne province soviétique. Tout en sachant, comme l'a annoncé lundi le représentant russe auprès de l'UE, que Moscou a exclu de faire la moindre concession aux Européens.

Livre Le président géorgien, Mikheil Saakachvili, vient de publier un livre d'entretiens, «Je vous parle de liberté» (Editions Hachettes littératures, 17,50 euros), dans lequel il revient sur la guerre contre la Russie cet été, ses ambitions pour la Géorgie et son parcours personnel.