Un site Internet sécurisé pour les lanceurs d’alerte voit le jour en Amérique latine

DÉNONCIATIONS L’initiative cherche à protéger les personnes qui alertent sur le continent « et dont les droits et les vies sont aujourd’hui en danger »

20 Minutes avec agences

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Photo d'illustration d'un lanceur d'alerte.
Photo d'illustration d'un lanceur d'alerte. — Clément Follain / 20 Minutes

Un site Internet sécurisé, baptisé LatamLeaks.lat, conçu pour faciliter les dénonciations anonymes de la corruption et des dommages contre l’environnement en Amérique latine, a été lancé ce mercredi par trois ONG. Cette initiative entend « inciter les dénonciations en tant qu’outils clefs pour des sociétés plus justes ». Elles souhaitent assurer « la protection des personnes qui alertent dans toute l’Amérique latine, et dont les droits et les vies sont aujourd’hui en danger », selon un communiqué des porteurs du projet.

Ce site Internet a été créé par la Fondation internationale Baltazar Garzón (Espagne), Citoyenneté intelligente (Chili) et l’ONG Poder (États-Unis). Plusieurs scandales politico-financiers internationaux qui ont récemment secoué le continent, comme Odebrecht, du nom d’une entreprise de BTP brésilienne qui versait des pots-de-vin dans de nombreux pays latino-américains et les Panama Papers, fuite de documents sur des centaines de sociétés off-shore opérant au Panama, « ont été révélés grâce à des personnes qui ont alerté sur ces fraudes et délits », expliquent ces ONG.

Former les lanceurs d’alerte

Cette plateforme entend réunir celles déjà existantes dans la région telles que Chileleaks, Peruleaks, Mexicoleaks, Guatemalaleaks et Subterráneo (Nicaragua) et d’en faire profiter les pays « qui n’ont pas de telles boîtes aux lettres », a expliqué Bruno Galizzi de la Fondation B. Garzón. LatamLeaks.lat doit aussi servir à convenir des « bonnes pratiques » et « progresser dans la formation des 'lanceurs d’alertes' », a indiqué Galizzi, dans une région où indigènes, défenseurs de l’environnement et des droits humains sont exposés à des représailles.

L’anonymat du lanceur d’alerte y est garanti par l’utilisation du navigateur Tor, qui masque les traces laissées sur Internet. Plusieurs plateformes similaires ont déjà vu le jour dans le monde comme la Plateforme de Protection des Lanceurs d’Alerte en Afrique (PPLAAF en 2017, EUleaks pour l’Europe en 2016, celle du gendarme allemand des marchés financiers (Bafin, 2016) ou encore Sourcesure lancée par des médias belges et français en 2015.