Israël : le procès pour corruption de Benyamin Netanyahou débutera le 17 mars à Jérusalem

AFFAIRES Son principal adversaire juge « inacceptable qu’un Premier ministre puisse en même temps diriger le pays et gérer trois dossiers judiciaires contre lui »

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le  janvier 2020 à Jérusalem.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le janvier 2020 à Jérusalem. — RONEN ZVULUN/AP/SIPA

Le procès pour corruption de Benyamin Netanyahou, seul chef du gouvernement dans l’histoire d’Israël à être inculpé au cours de son mandat débutera le 17 mars prochain, deux semaines après les élections cruciales à sa survie politique, a annoncé mardi la justice.

Dans un communiqué succinct, le ministère de la Justice a indiqué que l’acte d’accusation sera lu par la juge Rivka Friedman-Feldman de la cour de Jérusalem en présence de Benyamin Netanyahu le mardi 17 mars dans l’après-midi.

En pleine campagne législative

L’annonce de cette date intervient alors que le Premier ministre israélien, âgé de 70 ans, mène sa campagne en vue des élections législatives du 2 mars, les troisièmes en moins d’un an en Israël, après des scrutins n’ayant pas réussi à le départager de son rival Benny Gantz.

Ce dernier avait refusé après les législatives de septembre de joindre un gouvernement d’union mené par Netanyahu estimant, que ce dernier devait en premier lieu régler ses différends avec la justice avant de prétendre au pouvoir.

Corruption, malversation et abus de confiance dans trois affaires

Le Premier ministre a été inculpé à l’automne de corruption, malversation et abus de confiance dans trois affaires par le procureur Avichaï Mandelblit.

La loi israélienne prévoit que tout ministre poursuivi pénalement doit démissionner de ses fonctions, mais cette mesure ne s’applique pas au Premier ministre. S’il peut rester actuellement en fonction, Benyamin Netanyahu ne jouit toutefois d’aucune immunité face à la justice. Netanyahu avait ainsi demandé début janvier au Parlement, la Knesset, de lui accorder une immunité au terme des prochaines législatives du 2 mars, misant sur sa victoire pour obtenir une majorité et ainsi se protéger de la justice.

Un « coup d’Etat » juridique, selon lui

Mais les partis d’opposition ont convaincu une majorité de députés d’examiner sa demande d’immunité avant les élections. Devant le rejet anticipé de sa requête, Netanyahu avait retiré fin janvier in extremis sa demande d’immunité judiciaire.

Benyamin Netanyahu, qui compte 14 ans à l’horodateur du pouvoir dont la dernière décennie sans discontinuer, dénonce un complot de ses détracteurs afin d’ourdir, dit-il, un « coup d’Etat » juridique contre lui. Mais lors d’un un meeting de son parti centriste Bleu-Blanc, l’ex-général Benny Gantz, principal rival de M. Netanyahu, a affirmé ce mardi soir qu’il est « inacceptable qu’un Premier ministre puisse en même temps diriger le pays et s’occuper de gérer trois dossiers judiciaires contre lui ».

Les lignes ne bougent pas

« Le 17 mars, son mandat est terminé et le procès commence, Netanyahu ne pourra pas s’occuper des citoyens israéliens en plus de ses affaires », a ajouté Benny Gantz.

Pour l’heure, l’annonce de son inculpation pour corruption n’a pas fait bouger le baromètre politique en Israël. Selon un dernier sondage de la chaîne israélienne Channel 13, la formation de Benny Gantz obtiendrait 36 sièges sur les 120 de la Knesset, contre 33 pour le Likoud (droite) de Benjamin Netanyahu. En comptabilisant leurs alliés respectifs, la gauche pour Benny Gantz, la droite radicale et les partis religieux pour Benyamin Netanyahu, aucun des deux grands blocs ne parvient à atteindre 61 députés, seuil de la majorité au Parlement israélien.