Cameroun : L’attaque d’un village fait 22 morts, dont 14 enfants, dans la location anglophone

AFFRONTEMENTS « Tous les témoignages accusent l’armée », a lancé une opposante du gouvernement en place sur Twitter

20 Minutes avec agences

— 

Un homme tient le drapeau du Cameroun dans ses mains
Un homme tient le drapeau du Cameroun dans ses mains — GADOFFRE/SIPA

Des hommes armés ont tué 22 civils, dont 14 enfants, ce vendredi dans un village du Cameroun anglophone. L’opposition et des ONG locales accusent le gouvernement et les militaires, qui combattent depuis trois ans des groupes sécessionnistes anglophones, d’être responsables de cette tuerie.

« La majorité des victimes sont des femmes et des enfants », a assuré le chef du Bureau de la coordination des Affaires humanitaires (OCHA) de l’ONU pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. « Il y a eu au moins 22 morts, parmi eux 14 enfants, dont 11 filles et neuf âgés de moins de 5 ans, une mère enceinte et deux femmes qui portaient leurs bébés. »

L’armée réfute la responsabilité

Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest subissent depuis trois ans de meurtriers combats entre militaires et séparatistes armés. Ces affrontements, ainsi que les exactions et crimes commis par les deux camps, ont fait plus de 3.000 morts et contraint plus de 700.000 personnes à fuir leurs domiciles.

Sur sa page Facebook, Félix Agbor Mballa, président du Centre pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique (CHRDA), a condamné « l’horrible meurtre » commis « par les forces de défense de l’Etat ». « Tous les témoignages accusent l’armée », a lancé sur Twitter l’opposante Edith Kah Walla, candidate à la présidentielle en 2011. « Faux » a simplement rétorqué un porte-parole de l’armée, interrogé ce dimanche

Des élections plus que tendues

Ce nouveau drame touchant la minorité anglophone survient près d’une semaine après les élections législatives et municipales qui ont connu une faible participatio, en particulier dans les deux provinces anglophones. Les groupes séparatistes avaient interdit aux gens d’aller voter et promis des représailles à ceux qui essaieraient. Le gouvernement avait dépêché d’importants renforts militaires.

Plus de cent personnes ont été enlevées dans les deux régions par des rebelles dans les deux semaines précédant les élections, selon Human Rights Watch (HRW). L’ONG a accusé les forces de sécurité d’avoir commis de « nouveaux abus » dans la même période. Ni les résultats officiels de ces scrutins, ni même le taux de participation, n’ont été rendus publics par le gouvernement à ce jour.