Nouvelles turbulences entre la France et le Rwanda

Faustine Vincent - ©2008 20 minutes

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L'arrestation, dimanche en Allemagne, d'une proche du président rwandais, Paul Kagame, a suscité un tollé au « pays des mille collines ». Rose Kabuye était visée, comme neuf autres responsables rwandais, par un mandat d'arrêt international. Celui-ci a été émis à l'issue de l'enquête du juge français Jean-Louis Bruguière sur l'attaque du président Habyarimana le 6 avril 1994, qui a déclenché le génocide de 800 000 Tutsis et Hutus modérés. Pour le troisième jour consécutif, des milliers de personnes ont manifesté hier à Kigali, la capitale, contre la France et l'Allemagne, victime collatérale du différend franco-rwandais.

Au Quai d'Orsay, on se borne à répéter l'objectif de « rétablir des relations diplomatiques » entre Paris et Kigali. Même si, en privé, on pointe « la pure provocation » rwandaise, puisque Rose Kabuye connaissait les risques qu'elle encourait en se rendant en Allemagne sans protection diplomatique, selon le parquet de Francfort, qui devrait l'extrader d'ici à quelques jours vers la France. En riposte, le Rwanda s'apprête à émettre des mandats d'arrêt contre des responsables civils et militaires français accusés, selon une commission d'enquête rwandaise, d'avoir « participé » au génocide.