Philippines : Trump assure que la rupture du pacte militaire avec les Etats-Unis « lui est égal »

PHILIPPINES Le président philippin Rodrigo Duterte a souvent menacé de mettre fin à l’alliance de son pays avec les Etats-Unis, qui offre un cadre légal à la présence de troupes américaines aux Philippines et pour l’organisation d’exercices militaires conjoints

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump et le président philippin Rodrigo Duterte au sommet de l'Asean en novembre 2017.
Donald Trump et le président philippin Rodrigo Duterte au sommet de l'Asean en novembre 2017. — Andrew Harnik/AP/SIPA

Le président des Etats-Unis Donald Trump a minimisé mercredi la décision des Philippines de rompre le pacte militaire majeur liant les deux pays, affirmant que cela lui était égal et permettrait de faire des économies. Manille a annoncé mardi sa décision de rompre ce pacte, déclenchant un compte à rebours de six mois avant la résiliation effective de l’accord, une décision qualifiée de « grave » par l’ambassade des Etats-Unis aux Philippines.

« Pour être honnête, cela ne m’a jamais vraiment préoccupé », a déclaré Donald Trump, interrogé sur cet épineux dossier lors d’un échange avec les journalistes dans le Bureau ovale. « Cela m’est vraiment égal, s’ils veulent le faire, ce n’est pas un problème, cela nous fera économiser beaucoup d’argent », a-t-il ajouté, tout en martelant qu’il avait une « très bonne relation » avec Rodrigo Duterte.

Ancienne colonie américaine (1898-1946), les Philippines ont des relations culturelles et économiques très fortes avec les Etats-Unis : les deux pays sont liés par un traité de défense mutuelle et les forces américaines assistent depuis des années les Philippins dans diverses tâches liées à la sécurité de l’archipel.

Rodrigo Duterte a souvent menacé de mettre fin à l’alliance

Ce pacte signé en 1998, le « Visiting Forces Agreement » (ou VFA, accord sur les forces étrangères), offre un cadre légal à la présence de troupes américaines aux Philippines et pour l’organisation d’exercices militaires conjoints.

Le président philippin Rodrigo Duterte, connu pour ses provocations, a souvent menacé depuis son élection en 2016 de mettre fin à l’alliance de son pays avec les Etats-Unis, au profit de la Russie ou de la Chine. Il avait spécifiquement menacé de résilier le pacte militaire VFA en 2016 – puis de nouveau en janvier dernier, après l’annulation par les Etats-Unis d’un visa pour l’ex-chef de la police du pays Ronald Dela Rosa, aujourd’hui sénateur.

Le « Visiting Forces Agreement » divise aux Philippines, où la gauche et les militants nationalistes dénoncent de longue date le traitement spécifique réservé aux militaires américains accusés de crimes. Ses défenseurs au contraire font valoir que sa résiliation compromettrait la capacité de l’archipel à se défendre lui-même et déstabiliserait les efforts des Etats-Unis pour contenir les ambitions de Pékin en mer de Chine méridionale.