Coronavirus : La patronne du FMI toujours prudente sur l’impact économique de l’épidémie

EPIDEMIE Kristalina Georgieva a souligné que le scénario le plus probable était une forte baisse des activités économiques en Chine, suivie d'une reprise rapide et d'un impact mondial, in fine, relativement contenu

20 Minutes avec AFP

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Des employés chinois sur un port à Qingdao (province du Shandong), le 5 février 2020.
Des employés chinois sur un port à Qingdao (province du Shandong), le 5 février 2020. — AFP

L’impact de l’épidémie du nouveau coronavirus sur l’économie mondiale est difficile à prévoir en raison de la place de la Chine, deuxième puissance économique, a souligné mercredi la directrice générale du Fonds monétaire international.

« Il est trop tôt pour dire » quel sera l’impact sur la croissance mondiale, a déclaré Kristalina Georgieva sur la chaîne CNBC. Elle a souligné que le scénario le plus probable était une forte baisse des activités économiques en Chine, suivie d’une reprise rapide et d’un impact mondial, in fine, relativement contenu. « C’est ce qu’il s’est passé durant la précédente épidémie » du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003. Dans un tel scénario, l’impact sur l’économie mondiale peut également être contenu.

« Le monde était différent » au moment du Sras

Pour autant, la patronne du FMI a tempéré ses propos soulignant que le nouveau virus et le contexte dans lequel il sévit étaient différents. « La Chine était différente », en d’autres termes elle avait un poids moins important dans l’économie mondiale. « Le monde était différent », a-t-elle poursuivi, ajoutant que le nouveau virus « affecte clairement plus durement » l’activité à un moment où « l’économie mondiale est quelque peu moins forte ».

S’agissant de la seule économie américaine, elle a noté qu’elle était « très solide ». « Mais encore une fois, nous devons attendre de voir » l’ampleur de la reprise suivant l’épidémie du nouveau coronavirus, a-t-elle insisté. Sur une note positive, elle a souligné les capacités de la Chine à mobiliser des liquidités, à stimuler son économie, ce qui pourrait atténuer les effets du virus.

De son côté, interrogé devant le Sénat, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a estimé que les répercussions économiques du coronavirus ne se feront pas ressentir au-delà de cette année aux Etats-Unis. « Il n’y a aucun doute que cela a un impact significatif en Chine », a-t-il ajouté. « Dans quelle mesure le virus se propage (…) nous avons besoin de trois à quatre semaines de données supplémentaires pour pouvoir extrapoler (les répercussions) de manière plus précise ».

L’Organisation mondiale de la santé a estimé mercredi qu’il était « beaucoup trop tôt » pour prédire une fin de l’épidémie, douchant l’optimisme du président chinois Xi Jinping qui s’était félicité plus tôt de « l’évolution positive » de la crise. Le dirigeant chinois avait noté que le nombre de nouveaux cas avait diminué depuis trois jours, malgré un bilan qui dépasse désormais les 1.100 morts.