Bangladesh : Au moins 15 morts dans le naufrage d'un bateau de réfugiés rohingyas

DRAME Les 138 passagers étaient montés à bord de l’embarcation pour fuir la misère des camps de réfugiés au Bangladesh et rejoindre la Malaisie

20 Minutes avec agences
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Des réfugiés rohingyas  dans un camp près de Cox's Bazar, au Bangladesh.
Des réfugiés rohingyas dans un camp près de Cox's Bazar, au Bangladesh. — Dar Yasin/AP/SIPA

Au moins 15 personnes sont mortes noyées dans le naufrage, ce mardi, d’un bateau surchargé de réfugiés rohingyas au large du Bangladesh. Une cinquantaine d’autres passagers sont portés disparus.

Au total, 138 personnes, principalement des femmes et des enfants, étaient montées à bord de cette embarcation de pêche longue d’à peine 13 mètres dans l’espoir de gagner la Malaisie par le golfe du Bengale, un dangereux voyage de 2.000 kilomètres. Elles cherchaient à fuir la misère et l’impasse des camps de réfugiés.

Une capacité de 50 personnes

Le naufrage a eu lieu à proximité de l’île bangladaise de Saint-Martin, proche des côtes du district de Cox’s Bazar (sud-est). Près d’un million de réfugiés rohingyas, minorité musulmane persécutée en Birmanie voisine, y vivent dans des camps dont ils ont l’interdiction de sortir. Le bateau « a coulé à cause de la surcharge. Le bateau était conçu pour transporter un maximum de 50 personnes. Il avait également de la cargaison », a déclaré Hamidul Islam, porte-parole des gardes-côtes du Bangladesh.

D’après les récits de rescapés recueillis par l’AFP, l’embarcation a heurté des coraux sous-marins dans des eaux peu profondes. Des pêcheurs ont repéré des survivants appelant à l’aide et ont donné l’alerte. Au total, 71 personnes ont été secourues. Parmi les morts figurent onze femmes et quatre enfants. Trois des rescapés, dont un Bangladais, sont actuellement détenus par les autorités qui les soupçonnent d’être des trafiquants d’êtres humains, a indiqué le commandant des gardes-côtes.

Des proies pour le trafic d’êtres humains

Peuple apatride parmi les plus persécutés de la planète, les Rohingyas sont pris en étau entre une Birmanie qui le rejette et un Bangladesh qui refuse qu’ils s’intègrent sur son sol et les parque dans des camps sommaires. Dans ces conditions, les réfugiés constituent des proies faciles pour les trafiquants qui leur proposent de gagner les pays à majorité musulmane d’Asie du Sud-Est contre des sommes exorbitantes.

Ce naufrage « était une tragédie annoncée. Les réfugiés rohingyas vivent dans des conditions de confinement dans les camps. Ils tentent de plus en plus de quitter les camps et deviennent victimes de réseaux de traite d’êtres humains », a ainsi estimé Shakirul Islam, un expert des migrations. On estime à 25.000 le nombre de Rohingyas ayant fui le Bangladesh et la Birmanie en 2015 en essayant de gagner par bateau la Thaïlande, la Malaisie ou l’Indonésie. Des centaines d’entre eux sont mortes noyées.