Flou autour de la libération des otages au Cameroun

RAPT Les autorités démentent tout marchandage...

Avec agence

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La zone maritime de Bakassi au Cameroun, où les 10 otages ont été libérés aujourd'hui. 
La zone maritime de Bakassi au Cameroun, où les 10 otages ont été libérés aujourd'hui.  — Idé
Les sept otages français et le Tunisien, libérés mardi après 12 jours de captivité dans la région de Bakassi au sud-ouest du Cameroun, sont arrivés mercredi peu après 8h30 à Roissy où ils ont été accueillis par la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade.

Pas de rançon mais un échanges de prisonniers?

Leur libération aurait été effectuée en échange notamment de la mise en liberté de 13 prisonniers détenus par le Cameroun, ont affirmé mercredi les ravisseurs, alors que les autorités démentent toute «rançon» ou «marchandage».

«Nous avons échangé les 10 otages contre 13 prisonniers», a affirmé le «général» AG Basuo, chef du Conseil de sécurité et défense du delta du Niger (NDDSC), dont fait partie le groupe des ravisseurs, les Combattants de la liberté de Bakassi (Bakassi Freedom Fighters, BFF).

«Ces prisonniers ont été arrêtés cette année. Je ne peux pas entrer dans les détails», a-t-il ajouté joints depuis Libreville.

La libération des otages a fait suite à «des discussions entre les autorités du Cameroun et les ravisseurs. Il n'y a pas eu d'opération» militaire et la France n'a «pas versé de rançon», a affirmé une source diplomatique au Quai d'Orsay.

Le Premier ministre, François Fillon, s'est réjoui saluant la «coopération sans faille» avec le Cameroun et Nicolas Sarkozy a exprimé son soulagement.

Renforcer la sécurité dans la Golfe de Guinée

C’est le ministère des Affaires étrangères qui a annoncé la bonne nouvelle: «J'exprime ma satisfaction et mon soulagement après la libération des dix marins de la société Bourbon(7 ressortissants français, 2 Camerounais, 1 Tunisien), pris en otage le 31 octobre au large de la presqu'île de Bakassi au Cameroun», s'est réjoui Bernard Kouchner.

«J'exprime ma gratitude aux autorités camerounaises et en particulier au président Paul Biya, dont la mobilisation constante a permis la libération des dix otages», a confié le ministre. «Je salue aussi les autorités nigérianes avec lesquelles nous avons été en contact étroit depuis le début de cette affaire.»

Ce sont les Bakassi Freedom Fighters qui avaient enlevés les dix marins sur le navire affrété par Total et qui relie les plate-formes pétrolières du secteur. Les revendications de ce groupe rebelle sont floues. Ils ont confirmé à l'AFP que les otages étaient libres.


Ils affirment agir au nom des «gens de Bakassi», une péninsule dont les eaux sont potentiellement riches en pétrole et gaz, rétrocédée au Cameroun par le Nigeria le 14 août dernier après quinze ans d'un différend frontalier.

On sait néanmoins que les Bakassi Freedom Fighters remettent en cause la souveraineté du Cameroun sur cette presqu’île. Le président camerounais a, lui, promis de tout faire pour renforcer la sécurité dans le Golfe de Guinée.