Le glaciologue Claude Lorius «très pessimiste»

ENVIRONNEMENT Le Français ne pense pas que l'homme puisse inverser la tendance du réchauffement climatique...

Avec agence

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Fonte d'un iceberg, situé à quelque 380 km de la capitale islandaise, Reykjavik, le 31 mai 2008.
Fonte d'un iceberg, situé à quelque 380 km de la capitale islandaise, Reykjavik, le 31 mai 2008. — INTS KALNINS / REUTERS

Le glaciologue français Claude Lorius, 76 ans, qui doit recevoir mercredi à Tokyo le prix «Blue Planet», se déclare «très pessimiste» quant à la capacité de l'homme à inverser les changements climatiques en cours, dans un entretien au quotidien «Le Monde».

«Honnêtement, je suis très pessimiste. (...) On prévoit d'ici la fin du siècle un bond climatique qui pourrait être équivalent à celui que la planète a franchi en 10.000 ans pour passer de l'âge glaciaire à l'holocène! Et je ne pas vois que l'homme ait actuellement les moyens d'inverser la tendance», explique-t-il.

Selon le glaciologue, le problème majeur est celui de l'énergie. «Il faut arriver sur ce plan à une gouvernance internationale, mais ce n'est pas possible actuellement, ou en tout cas je ne vois pas comment», explique-t-il.

«Au XXe siècle, alors que la population était multipliée par 4, la consommation d'énergie dont dépendant les émissions de gaz carbonique était multipliée par 40», souligne-t-il.

Interrogé sur l'émergence possible d'un nouvel ordre économique fondé sur le développement durable, il affirme ne plus croire à cette notion, jugeant qu'il s'agit d'un «terme trompeur».

«Avant, j'étais alarmé, mais j'étais optimiste, actif, positiviste. Je pensais que les économistes, les politiques, les citoyens pouvaient changer les choses. J'étais confiant dans notre capacité à trouver une solution. Aujourd'hui, je ne le suis plus... sauf à espérer un sursaut inattendu de l'homme», explique-t-il.

Le prix «Blue Planet», de la Fondation japonaise Asahi Glass, a été attribué au scientifique français pour sa contribution à la mise en évidence des changements climatiques à partir de l'analyse du coeur des glaciers de l'Antarctique, où il a effectué de très nombreuses missions.