L'armée congolaise pille et viole les civils

RDC C'est ce qu'a annoncé ce mardi, le porte parole des Casques bleus déployés sur place...

Avec agence

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Des soldats de l'armée congolaise se livrent depuis lundi soir à "des pillages et des exactions" dans la région de Kanyabayonga, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris mardi auprès de la Mission des Nations unies dans ce pays (Monuc).
Des soldats de l'armée congolaise se livrent depuis lundi soir à "des pillages et des exactions" dans la région de Kanyabayonga, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris mardi auprès de la Mission des Nations unies dans ce pays (Monuc). — Walter Astrada AFP/Archives

Menace sur les populations civiles congolaises. Des soldats des FARDC (Forces armées de RDC, armée régulière) se livrent depuis lundi soir à «des pillages et des exactions» dans la région de Kanyabayonga, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé mardi le porte-parole la Mission des Nations unies dans ce pays (Monuc), le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich.

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Les violences se sont progressivement étendues et concernent désormais aussi les villes de Kaïna et Kirumba plus au nord. Elles se poursuivaient mardi à la mi-journée, a-t-il précisé à Kinshasa.

Kanyabayonga, Kaïna et Kirumba sont situées dans le territoire de Lubero, à environ 175 km au nord de Goma, la capitale da la province du Nord-Kivu. verrouillent l'accès à toute la partie nord du Nord-Kivu, vers les importantes agglomérations de Lubero et Beni.

«Tenter de ramener le calme»

Plusieurs autres villages, situés sur les routes reliant les trois localités, ont été mis à sac, et des cas de viols ont été signalés, selon la radio Okapi, parrainée par l'ONU.

«Pour des raisons opérationnelles, les FARDC se sont retirées de la ligne de front de Nyanzale et Kikuku, à une quarantaine de kilomètres plus au sud, a expliqué le lieutenant-colonel Dietrich. Ce redéploiement a provoqué à Kanyabayonga un vent de mécontentement et de panique parmi les soldats et leurs familles. Les militaires ont commencé à tirer en l'air, à voler des voitures et piller des magasins», a-t-il précisé.

«Nous avons lancé une opération, des hélicoptères et des blindés de la Monuc sont actuellement dans la zone pour tenter de ramener le calme», a-t-il ajouté, précisant que le chef d'état-major de la Monuc, le général sénégalais Babacar Babacar Gaye, et le commandant des FARDC au Nord-Kivu, le général Vainqueur Mayala, étaient en route pour Kanyabayonga.

«Menace sur les humanitaires»

«Les personnels de trois organisations humanitaires sont coincés sur place à cause de l'insécurité généralisée», a précisé le chef du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) à Goma, Patrick Lavand'homme. «Une opération de la Monuc est en cours pour les exfiltrer», selon ce responsable.

«La Monuc n'a pas constaté de mouvements plus au sud sur la ligne de front séparant l'armée et les rebelles de Laurent Nkunda, près des localités de Nyanzale et Kikuku», a souligné le porte-parole militaire de la Monuc.

«Nous faisons tout pour prévenir une attaque du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple, rébellion de Nkunda) sur Kanyabayonga, et pour que la rébellion n'exploite pas cette situation», a-t-il ajouté.

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