Allemagne : A peine élu avec les voix de l’extrême droite, le dirigeant de Thuringe appelle à des élections régionales anticipées

ELECTIONS Angela Merkel avait qualifié jeudi d'« acte impardonnable » l’alliance électorale régionale inédite entre son parti et l’extrême droite dans cette région allemande

20 Minutes avec AFP

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Un drapeau allemand.
Un drapeau allemand. — JOHN MACDOUGALL / AFP

Le dirigeant controversé de la région de Thuringe a annoncé jeudi qu’il allait demander la dissolution du parlement régional allemand ouvrant la voie à un scrutin anticipé, au lendemain de son élection avec les voix de l’extrême droite.

« Nous avons décidé de demander la dissolution du parlement régional (…) Nous voulons de nouvelles élections afin de retirer le stigmate du soutien de l’AFD » sur son élection, a indiqué Thomas Kemmerich du parti libéral FDP lors d’une conférence de presse, confirmant que sa démission était « inévitable ».

Angela Merkel avait vu rouge

Un peu plus tôt ce jeudi, Angela Merkel avait haussé le ton, qualifiant d'« acte impardonnable » l’alliance électorale régionale inédite entre son parti et l’extrême droite en Thuringe, qui a provoqué un séisme politique dans le pays.

Elle avait clairement indiqué que cette élection devait « être annulée », ouvrant alors la voie à de nouvelles élections dans cette région où l’extrême droite était arrivée en seconde position, derrière la gauche radicale, à l’automne dernier.

Jusqu’ici, et contrairement à un pays comme l’Autriche, la droite modérée a toujours exclu toute alliance ou coopération avec le parti d’extrême droite AFD, qui de surcroît a fait de la chancelière allemande et de sa politique migratoire sa principale cible.

Cet épisode en Thuringe a ranimé en Allemagne le souvenir des années 1930, lorsque le parti d’Adolf Hitler avait réussi, y compris via des alliances avec la droite traditionnelle, à peu à peu parvenir au pouvoir.