Volontaire pour Obama, ça change une vie

USA 2008 Tremplin pour certains, parenthèse pour d'autres, ils ont donné un an de leur vie à la campagne...

Philippe Berry, à Los Angeles

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Des posters d'Obama, dans le Nevada
Des posters d'Obama, dans le Nevada — P.B.
De notre correspondant à Los Angeles


Il y a un an, Jessica souriait timidement avec son badge «Sexy chicks dig Obama» (les filles sexy kiffent Obama), distribuant des prospectus pour le candidat à Las Vegas. A la veille de l’élection, et après avoir voyagé dans une demi-douzaine d’Etats, elle pilotait avec assurance une équipe d’une dizaine de volontaires dans le Nevada. Obama n’a peut-être pas encore changé le monde, mais il a déjà chamboulé sa vie.

 

«Pendant un an, j’ai vécu politique, respiré, mangé, rêvé politique», confie Jessica, tout juste 24 ans. «Elle est devenue ma boss», plaisante sa mère, qui faisait avec diligence du phoning sous les ordres de sa fille. Son meilleur souvenir, le 4 novembre mis à part? «La convention démocrate, à Denver, où toute la famille s’est unifiée derrière Barack». Pendant une seconde, Jessica a même connu son moment de gloire, apparaissant dans la vidéo de présentation du candidat, en pleine discussion avec Michelle Obama. «C’est une femme extraordinaire, simple, accessible», dit-elle, de l’admiration plein la voix.

 

Les sirènes de Washington

 

Dave, lui, n’a pas autant voyagé, mais il n’a pas dormi davantage. Organisateur à San Diego, il coordonnait les efforts de campagne, s’occupant principalement d’envoyer des volontaires dans les Etats les plus disputés. «Je ne compte pas les heures ni les pizzas froides avalées cette année», plaisante-t-il. Comme Jessica et des centaines de milliers d’autres, Dave, 22 ans, était bénévole. Nourri et logé en déplacement, mais sans autre compensation. Pourtant, il n’a pas hésité avant de mettre en pause sa carrière d’agent immobilier. C’était «le bon moment, avec un candidat qui m’a tout de suite inspiré», explique-t-il.

 

Une telle expérience, ça élargit votre horizon. Dave songe sérieusement à se lancer en politique, au niveau local pour commencer. Jeremy, rencontré le soir de l’élection à Los Angeles, qui a commencé comme volontaire avant même qu’Obama soit candidat, pense même «pouvoir obtenir une position d’assistant dans le staff à la Maison Blanche».

 

Jessica, elle, ne sait pas trop. «Ca fait bizarre maintenant que tout est fini», soupire-t-elle. Avant qu’Obama ne croise son chemin, elle venait de terminer la fac, avec le théâtre comme dominante, travaillant occasionnellement comme mannequin. Aujourd’hui, elle veut «aller à Paris», «tenter sa chance comme actrice à Hollywood» ou «rester impliquée en politique». Elle n’a pas encore vraiment décidé dans quel ordre.

 

Mais d’abord, priorité à ce qu’elle n’a pas pu faire cette année: «dormir, manger des bons petits plats et faire du shopping». Washington attendra.