Un risque de régionalisation du conflit en RDC

NORD KIVU L'Union Européenne n'est pas encore prête à envoyer des troupes...

MD avec agence

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Avec 350.000 déplacés de guerre depuis le début de l'année, le Nord-Kivu s'est installé dans une crise humanitaire permanente, désormais comparable à celle du Darfour et qui favorise les tensions ethniques dans cette province de l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
Avec 350.000 déplacés de guerre depuis le début de l'année, le Nord-Kivu s'est installé dans une crise humanitaire permanente, désormais comparable à celle du Darfour et qui favorise les tensions ethniques dans cette province de l'est de la République démocratique du Congo (RDC). — Lionel Healing AFP

L'Afrique australe s'est dite dimanche prête à envoyer «si nécessaire» des troupes de maintien de la paix dans la province congolaise du Nord-Kivu ravagée par un conflit entre l'armée de la République démocratique du Congo (RDC) et les rebelles.

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La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), dont fait partie la RDC, «ne restera pas sans bouger devant des actes de destruction et violences commis contre quelque groupe que ce soit», a déclaré le directeur exécutif du bloc régional, Tomaz Salomao. «Si nécessaire, la SADC enverra des troupes de maintien de la paix» au Nord-Kivu, a continué Tomaz Salomao, qui lisait devant la presse la déclaration finale d'un sommet extraordinaire de la région consacré aux crises en RDC et au Zimbabwe.

Un risque de déstabilisation de la région des grands lacs

La SADC va par ailleurs «fournir une aide immédiate aux forces armées de RDC», a affirmé le responsable angolais. A cet effet, une équipe d'experts régionaux va être dépêchée dans la zone de conflit pour «évaluer la situation.»

Le conflit du Nord-Kivu «affecte la stabilité et la paix dans la SADC et dans la région des grands lacs», a-t-il dit, notant la «détérioration de la situation humanitaire» dans l’est de la RDC, région frontalière du Rwanda. mandat de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc)».

En marge du sommet, la RDC n'avait pas exclu l'engagement ultérieur de troupes angolaises aux côtés des forces gouvernementales, entraînant immédiatement la dénonciation des rebelles brandissant les risques de régionalisation du conflit.

«Pour le moment, il n'y en a pas (de soldats angolais, ndlr) mais la position angolaise est sans équivoque pour soutenir le Congo», avait déclaré le ministre congolais des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba.

L'UE attend... et reste diplomate

De son côté, l'Union Européenne ne prévoit toujours pas l'envoi de troupes sur place, selon les déclarations lundi de ministres européens à Bruxelles.

Bernard Kouchner a indiqué que «toutes ces question sont posées et il faudrait y répondre en urgence». «Les Européens qui se manifesteraient peuvent y aller bien sûr», a-t-il assuré.

Si le Conseil de sécurité de l'ONU approuvait un renforcement de la Monuc, les membres de l'UE pourraient éventuellement répondre individuellement à cet appel. Au niveau collectif, les 27 devraient se contenter lundi d'appeler à une solution diplomatique.

Il n'est «pas question pour le moment» d'envoyer des troupes, a assuré lundi le ministre allemand de la Défense Franz Joseph Jung.