Brexit : Le Drian s’attend à des négociations équilibrées avec Londres au sujet de la pêche

POISSONS De nombreux bateaux de pêche européens ont besoin des eaux britanniques, mais les Britanniques exportent les trois quart de leurs poissons vers l’UE

20 Minutes avec AFP

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Jean-Yves Le Drian est ministre des Affaires étrangères depuis mai 2017.
Jean-Yves Le Drian est ministre des Affaires étrangères depuis mai 2017. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a martelé dimanche que la France serait « extrêmement vigilante » dans les négociations à venir sur la pêche avec le Royaume-Uni et que l’UE aurait des atouts à faire valoir dans ce domaine face à Londres. « La Grande-Bretagne est un pays qui a une grande production de pêche et des eaux extrêmement poissonneuses dans lesquelles beaucoup d’Européens vont pêcher, à commencer par les Français de Bretagne, de Normandie et des Hauts-de-France », a-t-il relevé dans l’émission politique Le Grand Jury RTL/TF1/LCI/Le Figaro.

Période de transition jusqu'au 31 décembre

« Mais le Royaume-Uni a aussi cette caractéristique d’exporter 75 % de sa production halieutique vers l’Union européenne », a souligné le ministre des Affaires étrangères. L’accord de sortie du Royaume-Uni de l’UE instaure une période de transition jusqu’au 31 décembre 2020, pendant laquelle l’accès aux eaux du Royaume-Uni sera préservé. Des négociations vont s’engager désormais sur la relation commerciale future avec Londres, notamment en matière de pêche, qui représente un enjeu énorme pour la France.

« Cette discussion peut être assez équilibrée parce que certes nous avons besoin, nous, des eaux britanniques mais les Britanniques ont aussi besoin du marché européen », a insisté le ministre français des Affaires étrangères. Les autorités de Guernesey, qui ont des liens étroits avec le Royaume-Uni, ont pour leur part temporairement suspendu samedi, jour où le Brexit entrait en vigueur, l’accès des navires de pêche français à leurs eaux. Mais elles se sont engagées à délivrer rapidement des autorisations individuelles.

Jean-Yves Le Drian a par ailleurs répété que le Royaume-Uni ne pourrait avoir à l’avenir accès au marché européen sans respect de règles antidumping. « Si le Royaume-Uni veut établir à l’extérieur de l’Union européenne une espèce de Singapour-sur-Tamise, nous ne serons pas d’accord parce qu’il faudra, pour avoir accès au marché intérieur, respecter nos règles », a-t-il dit. « Si on veut jouer sur le terrain de l’Europe, il faudra en assumer toutes les contraintes (et) avantages », a-t-il martelé.