Trump vs Bloomberg, duel publicitaire de milliardaires au Super Bowl

ETATS-UNIS Le président américain et l'ancien maire de New York ont chacun mis 10 millions de dollars sur la table pour s'offrir un spot qui sera vu par plus de 100 millions de téléspectateurs

P.B.

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Donald Trump et le candidat à la primaire démocrate Michael Bloomberg (photomontage).
Donald Trump et le candidat à la primaire démocrate Michael Bloomberg (photomontage). — Photos Sipa / montage 20 Minutes

La politique s’invite au Super Bowl. Entre deux pubs pour la bière Bud light ou les chips Doritos, Donald Trump et Mike Bloomberg ont cassé leur tirelire pour s’adresser à l’Amérique, alors que la grande finale de la NFL entre San Francisco et Kansas City devrait rassembler plus de 100 millions de téléspectateurs ce dimanche. Un duel à 10 millions de dollars pour un spot d’une minute, mais aussi d’ego, entre deux milliardaires new-yorkais qui se détestent.

Malgré un départ tardif, Michael Bloomberg pointe désormais en quatrième position dans les sondages de la primaire démocrate, derrière Joe Biden, Bernie Sanders et Elizabeth Warren. S’il a fait l’impasse sur les premiers scrutins, notamment celui dans l’Iowa, ce lundi, il espère booster sa candidature face à une audience massive avant l’étape cruciale du « Super Tuesday », le 3 mars, lors duquel une quinzaine d’Etats votent en même temps, notamment la Californie et le Texas.

Bloomberg s’attaque au lobby des armes, Trump joue la prospérité

Alors que les Américains ne voient pas vraiment d’un bon œil l’arrivée de la politique au milieu de ce grand divertissement populaire, Bloomberg a choisi de ne pas attaquer Donald Trump frontalement : son spot met en avant son action face au lobby des armes, avec le témoignage émouvant d’une mère qui a perdu son fils dans une fusillade.

Le président américain, lui, a choisi deux pubs de trente secondes. Il joue la carte du patriotisme et de l’optimisme, notamment avec le spot « Stronger, safer, more prosperous » (plus fort, plus sûr, plus prospère). Il vante son bilan économique, avec le chômage qui reste à son plus bas depuis 50 ans, et Wall Street qui va de record en record.

L’économie reste en effet la meilleure arme de Donald Trump pour le 3 novembre : historiquement, quand les chiffres sont bons au cours des mois précédent un scrutin, un président sortant a presque toujours été réélu. Mais tout ralentissement sur les six premiers mois pourrait changer la donne, surtout pour un président qui reste historiquement impopulaire, à 45 % d’opinions favorables.

Trump vs Bloomberg

Depuis novembre, le candidat démocrate inonde la télévision avec ses spots « Je suis Michael Bloomberg, et j’approuve ce message », surtout dans les Etats où la la présidentielle se jouera (Pennsylvanie, Ohio, Floride, Michigan, Wisconsin). Il a déjà dépensé plus de 200 millions de dollars : c’est plus que tous les autres démocrates réunis (Sanders et Buttigieg sont autour de 10 millions, Biden et Warren à moins de 5). L’ancien maire de New York dépense sans compter car il en a les moyens. Huitième personne la plus riche du monde, selon le classement Forbes, il est à la tête d’une fortune estimée à 60 milliards de dollars. C’est environ 20 fois plus que Trump, selon Forbes.

Donald Trump, lui, l’attaque régulièrement sur Twitter et le surnomme « Little Mike » (Bloomberg dépasse à peine les 1m70). « C’est parce que j’ai trouvé un point sensible, il m’attaque car il se sent menacé. Je sais comment le battre », a assuré Bloomberg à Jimmy Fallon.

Il va déjà falloir réussir à sortir vainqueur de la primaire démocrate, et la mission s’annonce presque impossible. La seule chance de Bloomberg, c’est que les favoris Biden et Sanders se partagent les délégués sans arriver à la majorité, ce qui donnerait lieu à une folle convention, à Milwaukee, mi-juillet.