Affaire Carlos Ghosn : Des mandats d’arrêt émis contre l'ex-patron et trois complices présumés dans sa fuite

JUSTICE Si Carlos Ghosn maintient qu'il a organisé seul sa fuite, la justice japonaise a lancé des mandats d'arrêt contre trois complices présumés

20 Minutes avec AFP

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Carlos Ghosn lors d'une interview à Beyrouth le 10 janvier 2020.
Carlos Ghosn lors d'une interview à Beyrouth le 10 janvier 2020. — pool for Yomiuri/AP/SIPA

La justice japonaise a émis jeudi des mandats d’arrêt à l’encontre de Carlos Ghosn et de trois complices présumés dans sa fuite spectaculaire au Liban fin décembre, en violation des conditions de sa liberté sous caution au Japon.

Outre un mandat d’arrêt contre Carlos Ghosn pour avoir quitté illégalement le pays, deux autres ont été émis contre Michael Taylor, 59 ans, un ancien membre des forces spéciales américaines reconverti dans la sécurité privée, et Peter Taylor, 26 ans, le fils de Michael Taylor selon les médias nippons. Un autre mandat d’arrêt vise George Zayek, un Libanais de 60 ans également soupçonné d’avoir directement participé à l’exfiltration de Carlos Ghosn du Japon.

Dissimulé dans un caisson de matériel audio ?

L’ancien grand patron de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors est soupçonné d’avoir quitté le Japon le soir du 29 décembre en se dissimulant dans un caisson de matériel audio. Il aurait de la sorte échappé aux contrôles à l’aéroport international du Kansai, près d’Osaka (ouest), car le passage aux rayons X des bagages n’était jusqu’à présent pas obligatoire au Japon pour les jets privés.

Carlos Ghosn a refusé pour le moment de confirmer ou d’infirmer les détails de son évasion du Japon. Sa fuite au Liban, ultra-médiatisée, a plongé dans l’embarras les autorités japonaises, qui ont réclamé son retour dans l’archipel pour qu’il y soit jugé pour les faits de malversations financières qui lui sont reprochés et qu’il nie en bloc.

Une demande d’arrestation a été émise à son encontre début janvier via Interpol, à l’attention des autorités libanaises. Cependant le Liban n’a pas d’accord d’extradition avec le Japon. La justice libanaise lui a interdit le 10 janvier de quitter le pays suite à cette « notice rouge » d’Interpol.