Proche-Orient : Donald Trump dévoile un plan de paix très favorable à Israël, refusé par les Palestiens

CONFLIT La proposition de Donald Trump prévoit une « solution réaliste à deux Etats »

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump, le 28 janvier 2020 à la Maison blanche à Washington.
Donald Trump, le 28 janvier 2020 à la Maison blanche à Washington. — MANDEL NGAN / AFP

Donald Trump a dévoilé ce mardi son plan de paix pour le Proche-Orient fondé sur une solution à « deux Etats », dans lequel il accorde à Israël nombre de concessions, parmi lesquelles la reconnaissance de Jérusalem comme « capitale indivisible » de l’Etat hébreu. Un plan de paix que le Hamas, premier à réagir dans le camp palestinien, a immédiatement rejeté.

« Ma vision présente (…) une solution réaliste à deux Etats », a assuré Donald Trump, donnant des garanties inédites à son « ami » Benjamin Netanyahou. Celui-ci a salué « une journée historique ». Affichant son optimisme sur le devenir de ce projet « très détaillé » de 80 pages, le locataire de la Maison-Blanche a estimé qu’il pouvait permettre de faire « un grand pas vers la paix ». Il a ensuite dévoilé sur Twitter la carte des Etats israélien et palestinien prévus par son plan.

Rejet des Palestiniens

Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui a refusé ces derniers mois les offres de dialogue du tempétueux président, a affirmé que le plan ne passerait pas. « Il est impossible pour n’importe quel enfant, arabe ou palestinien, d’accepter de ne pas avoir Jérusalem » comme capitale d’un Etat palestinien, a-t-il lancé.

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d’habitants séparée géographiquement de la Cisjordanie, a aussi rejeté la proposition américaine. « Aujourd’hui nous disons que nous rejetons ce plan. Nous n’accepterons pas de substitut à Jérusalem comme la capitale de l’Etat de Palestine », a déclaré à l’AFP Khalil al-Hayya, un haut responsable du mouvement.

Jérusalem, « capitale indivisible d’Israël »

Parmi les nombreux points sensibles de ce plan, figure la reconnaissance de l’annexion par Israël à son territoire des colonies qu’il a implantées en Cisjordanie occupée, en particulier dans la vallée du Jourdain. Cette zone est « vitale » pour Israël, a martelé M. Netanyahou, tandis que l’ambassadeur des Etats-Unis David Friedman affirmait que l’Etat hébreu pouvait annexer ses colonies « sans attendre ».

Un futur Etat palestinien sur ces tracés serait nettement en-deçà de ce à quoi aspirent les Palestiniens, à savoir la totalité des Territoires occupés depuis 1967 par Israël. Peu après l’allocution présidentielle, l’ONU a d’ailleurs souligné qu’elle s’en tenait aux frontières définies en 1967.

Le futur Etat palestinien ne verrait le jour que sous plusieurs « conditions », dont « le rejet clair du terrorisme », a immédiatement souligné le milliardaire républicain, détaillant un projet qui avait été rejeté d’avance, avec force, par les Palestiniens. Jérusalem restera « la capitale indivisible d’Israël », a par ailleurs assuré Donald Trump, restant évasif sur les moyens de concilier cette promesse avec la proposition qu’il a reprise à son compte de créer une capitale de l’Etat palestinien à Jérusalem-Est.

« Une chance historique »

Le Premier ministre israélien a de son côté souligné que le plan de la Maison-Blanche octroierait à Israël la souveraineté sur la vallée du Jourdain, vaste zone stratégique de la Cisjordanie occupée où l’armée israélienne vient de renforcer sa présence. Martelant sa conviction que les Palestiniens méritaient « une vie meilleure », Donald Trump leur a aussi lancé une mise en garde. Il a annoncé avoir envoyé une lettre au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas l’exhortant à saisir « une chance historique », et peut-être « la dernière », d’obtenir un Etat indépendant. « Je lui ai expliqué que le territoire prévu pour son nouvel Etat resterait ouvert et sans développement » de colonies israéliennes « pendant une période de quatre ans », a-t-il précisé. Selon la Maison-Blanche, le projet propose un Etat palestinien « démilitarisé ».

Signe que le calendrier est délicat, à un mois de nouvelles élections en Israël où Benjamin Netanyahou est aux prises avec une inculpation pour corruption, le locataire de la Maison-Blanche a aussi reçu lundi son principal opposant, Benny Gantz. Mais c’est avec « Bibi » qu’il a choisi d’apparaître mardi devant les caméras, et le Premier ministre israélien, qui se rendra dès mercredi à Moscou pour informer le président russe Vladimir Poutine des détails du plan, n’a pas dissimulé son enthousiasme.

« Monsieur le président, votre accord du siècle est la chance du siècle », a-t-il lancé depuis la Maison-Blanche.