Procès de Trump : Les affirmations explosives de son ex-conseiller sèment le trouble

ETATS-UNIS Au moins trois sénateurs républicains ont suggéré qu’ils pourraient voter en faveur d’une audition de John Bolton

20 Minutes avec AFP

— 

Plusieurs sénateurs républicains, dont Mitt Romney (photo), ont suggéré qu'ils pourraient voter en faveur d'une audition de John Bolton au procès de Donald Trump.
Plusieurs sénateurs républicains, dont Mitt Romney (photo), ont suggéré qu'ils pourraient voter en faveur d'une audition de John Bolton au procès de Donald Trump. — Michael Brochstein/Sipa USA/SIPA

La procédure de destitution contre Donald Trump est « un enfer » ont déploré lundi ses avocats lors de la reprise de son procès devant le Sénat, des propos qui ont été brouillés par des affirmations explosives d’un ancien conseiller du président républicain.

John Bolton, son ancien conseiller à la sécurité nationale, affirme dans un livre à paraître prochainement que Donald Trump a bien conditionné une aide militaire pour l’Ukraine à l’ouverture d’une enquête sur ses rivaux politiques, a révélé dimanche soir le New York Times. John Bolton s’est également inquiété, en 2019, auprès du ministre américain de la Justice, de la tendance du président américain à accorder des faveurs à des autocrates, révèle également le journal.

S’il admet avoir demandé à Kiev d’enquêter sur le démocrate Joe Biden, son potentiel adversaire à la présidentielle de novembre, Donald Trump a toujours nié avoir exercé des pressions ou formulé le moindre « donnant-donnant ». Il a vivement démenti avoir fait le lien lors d’une discussion en août avec John Bolton, comme celui-ci l’affirme, l’accusant de « vouloir vendre son livre ». « Nous ne nous mêlons pas de spéculations, d’allégations qui ne sont pas basées sur des preuves », s’est contenté de déclarer lundi son avocat Jay Sekulow en reprenant la parole devant les 100 sénateurs chargés de juger le président.

Les révélations « ont suscité de nombreuses conversations » parmi les républicains

Il faudrait que deux tiers d’entre eux (67) le déclarent coupable pour que Donald Trump soit destitué, un scénario hautement improbable. L’opposition démocrate espère toutefois que le procès ternira son image à moins de 300 jours de l’élection. Depuis des semaines, elle appelle les sénateurs à convoquer de nouveaux témoins, dont John Bolton, pour « faire émerger la vérité ». L’ancien conseiller, qui a été limogé en septembre, a fait savoir début janvier qu’il se tenait prêt à répondre à une assignation à comparaître.

Pour pouvoir le convoquer, les démocrates doivent convaincre au moins 4 des 53 sénateurs républicains de se rallier à leur cause. Jusqu’ici ils n’y sont pas parvenus mais les dernières révélations ont peut-être fait bouger les lignes. « Je crois de plus en plus possible que d’autres républicains se joignent à ceux d’entre nous qui pensent que l’on devrait entendre John Bolton », a déclaré le sénateur républicain Mitt Romney avant un déjeuner de la majorité.

« Les articles sur le livre de John Bolton (…) ont suscité de nombreuses conversations parmi mes collègues », a renchéri la sénatrice républicaine modérée Susan Collins. Sa collègue Lisa Murkowski s’est dite « curieuse d’entendre » ce qu’il avait à dire. Un vote sur la question des témoins devrait intervenir en fin de semaine, une fois que la défense aura bouclé sa plaidoirie et que les sénateurs auront posé, par écrit, leurs questions aux deux parties. Même si John Bolton était convoqué, il est probable que la Maison-Blanche saisisse la justice pour bloquer son témoignage au nom de la confidentialité des échanges entre le président et ses plus proches conseillers.