Autriche : La ville de Vienne accusée de « perpétuer les lois nazies » par un descendant des Rothschild

JUSTICE Un descendant de la famille Rothschild estime que la ville bénéficie des mesures de confiscation prises par les nazis dans les années 1930 et 1940

20 Minutes avec agences

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Illustration de la justice.
Illustration de la justice. — Pixabay

Un membre de la famille Rothschild attaque Vienne, la capitale autrichienne, en justice. L’homme accuse la ville de piller la fondation de la famille juive et de « perpétuer » ainsi les lois nazies, a rapporté la presse ce samedi.

Le litige concerne un fonds caritatif qui avait été créé pour fournir de l’aide psychiatrique aux nécessiteux. La plainte représente l’une des plus importantes demandes de dédommagement jamais présentées par les descendants des victimes du régime nazi, rapporte le Financial Times.

Une fondation « confisquée »

Une audience devant le tribunal de district de Vienne a été fixée au 20 février. Selon les documents déposés devant la justice, Vienne a « agi comme si les décrets de confiscation nazis étaient toujours en vigueur ». Geoffrey Hoguet, descendant du frère cadet de Nathaniel Freiherr von Rothschild, accuse la ville de s’approprier la fondation en violation de la volonté de son fondateur.

A sa mort en 1905, ce membre de la branche autrichienne de la riche famille avait laissé près de 100 millions d’euros pour sa fondation d’aide psychiatrique. L’organisme créé grâce à ce legs, avait fini par ouvrir deux sanatoriums. Le premier, ouvert en 1912, est aujourd’hui un centre neurologique.

La fondation vendue à un prix « sous-évalué »

En 1938, les nazis ont annexé l’Autriche, expulsé les Rothschild et ont dissous la fondation en 1939. En 1956, elle a été réinstaurée et sa gestion confiée directement à la ville de Vienne. Geoffrey Hoguet souhaite désormais qu’un comité de gestion indépendant soit institué. L’homme d’affaires de 69 ans entend faire annuler la vente d’un des sanatoriums, qui fut l’un des premiers centres de traitement de santé mentale au monde.

Il argue que l’établissement a été cédé à la ville à un prix « nettement sous-évalué », selon le Financial Times. Sa plainte vise aussi à faire annuler une clause datant de 2017 qui stipule qu’en cas de dissolution de la fondation, Vienne en hériterait toute la fortune. Dans un communiqué, l’avocat de la ville estime que les accords relatifs à la fondation avaient été conclus dans « le plus grand respect et en parfaite conformité avec son objectif ».