Coronavirus : Les expatriés français de Wuhan sereins malgré la crise

SANTÉ La ville chinoise de 11 millions d’habitants, épicentre de l’épidémie de coronavirus, a été mise en quarantaine jeudi

20 Minutes avec AFP

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Dans une rue commerçante de Wuhan, le 26 janvier 2020.
Dans une rue commerçante de Wuhan, le 26 janvier 2020. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Leur ville a été mise en quarantaine pour cause de coronavirus mais ces expatriés de Wuhan ne veulent pas entendre parler d’évacuation. Le bilan en Chine de l’épidémie de pneumonie virale est monté dimanche à 56 morts et près de 2.000 personnes contaminées. Et Wuhan, épicentre du virus, est de facto coupée du monde depuis jeudi avec d'importantes restrictions dans le périmètre et une grande partie des commerces fermés. Le maire de Wuhan a déclaré dimanche s’attendre à un millier de contaminations supplémentaires, sur la base du nombre de patients hospitalisés qui n’ont pas encore été testés.

« Nous ici, pour l’instant on est bien », assure calmement Rémy, masque bleu sur le visage, et installé à Wuhan depuis huit ans. Mais le jeune homme de 33 ans reconnaît qu’il faut faire « plus attention » à mesure que l’épidémie gagne du terrain. Les autorités sanitaires chinoises ont indiqué dimanche que le virus se révèle plus contagieux que le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) à l’origine d’une épidémie meurtrière en 2002-2003.

« Ma famille est plus inquiète que moi »

Pour autant, « il n’y a pas de quoi paniquer » car beaucoup d’informations circulant sur les réseaux sociaux sont « fausses », estime Rémy. Son ami Jonathan explique à l’Agence France-Presse (AFP) s’informer de la situation auprès du consulat de France à Wuhan, de groupes de discussions en ligne d’expatriés et en lisant la presse. Et l’informaticien de 32 ans est formel : « il n’y a pas lieu de s’inquiéter ».

« Ma famille est plus inquiète que moi » en suivant les nouvelles dans les médias, s’amuse Erica Davis, une professeure de sciences britannique, installée depuis plusieurs années à Wuhan et rencontrée par l’AFP après ses exercices sportifs matinaux. En dépit du nombre de cas (de contamination) recensés à Wuhan, il s’agit d’une goutte d’eau par rapport aux onze millions d’habitants de la métropole, assure la jeune femme.

Le gouvernement français planche sur un plan d’évacuation

Les Etats-Unis espèrent rapatrier mardi leur personnel diplomatique et certains de leurs citoyens de Wuhan. Le gouvernement français indique quant à lui travailler à un plan d’évacuation de ses ressortissants. Celui-ci prévoirait au préalable une mise en quarantaine de 14 jours à Changsha, grande ville chinoise à quelque 300 kilomètres de là.

« Nous, on ne souhaite pas quitter Wuhan pour le moment parce que notre vie, elle est ici », prévient Jonathan qui ne « voit pas l’intérêt de changer de ville pour être mis en quarantaine » dans un hôtel. Même si le quotidien à Wuhan est bouleversé dans une ville quasi à l’arrêt pour enrayer la propagation du virus et où la circulation des véhicules non essentiels a même été interdite dimanche. « Il faut analyser un peu la situation. Quatre ou cinq jours (confiné) à la maison, ce n’est rien et mieux que de se retrouver à l’hôpital », explique Jonathan. « Pour l’instant on n’a pas d’inquiétude, c’est juste qu’on s’ennuie », soupire Rémy.