Procès de Donald Trump: L'accusation termine sa plaidoirie, place à la défense

ETATS-UNIS Les démocrates ont accusé le président américain d'être un «danger» pour la démocratie, vendredi

20 Minutes avec AFP

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Le démocrate Adam Schiff, au procès en destitution de Donald Trump, le 22 janvier 2020.
Le démocrate Adam Schiff, au procès en destitution de Donald Trump, le 22 janvier 2020. — Sipa

Le marathon de trois jours est terminé. Les procureurs démocrates au Sénat ont accusé vendredi Donald Trump d’être un « danger » pour la démocratie, dans un réquisitoire adressé autant aux électeurs américains qu’aux élus chargés de juger si le président mérite d’être destitué. Lors d’une troisième et dernière journée consacrée à l’accusation, celle-ci a poursuivi sa présentation des reproches adressés au président, le troisième seulement de l’histoire des Etats-Unis à subir un procès en destitution au Sénat.

Leur déroulé méthodique des faits, entrecoupé d’extraits vidéo, de références historiques et d’envolées lyriques a dressé un portrait peu flatteur de l’impétueux milliardaire républicain. « Le président a tendance à mettre ses intérêts avant ceux du pays » : c’est « Trump d’abord et pas l’Amérique d’abord », a assené le procureur en chef Adam Schiff, élu de la Chambre des représentants, en référence au slogan de campagne de l’ancien magnat de l’immobilier.

Sa conduite « met en danger notre sécurité nationale », a-t-il poursuivi. « Notre démocratie est en jeu, c’est aussi simple que ça ».

La défense va contre-attaquer pendant trois jours

Donald Trump, qui a participé vendredi au rassemblement annuel de militants anti-avortement, une partie de sa base électorale, s’était auparavant plaint d’avoir « eu à endurer des heures et des heures de mensonges, de fraudes et de tromperies ». « Le coup monté de la destitution perturbe les élections de 2020 », a-t-il reconnu sur Twitter.

Ses défenseurs prendront la parole samedi à partir de 10h (16h heure de Paris) et disposeront à leur tour de 24 heures maximales sur trois jours pour développer leurs arguments. L’avocat personnel de Donald Trump, Jay Sekulow, a promis qu’il allait « démentir et réfuter » les accusations en présentant « un dossier convaincant ».

Ensuite, les sénateurs pourront poser des questions aux deux parties et décider s’ils veulent convoquer de nouveaux témoins comme le demandent les démocrates, ce qui pourrait donner lieux à de nouvelles révélations.

La décision doit revenir « aux électeurs »

« L’idée que vous commettez une entrave au Congrès en exerçant vos prérogatives constitutionnelles est tout à fait absurde », a-t-il ajouté, invoquant le principe de la séparation des pouvoirs. Pour ses partisans, le président pouvait légitimement demander à l’Ukraine d’enquêter sur les affaires du fils de Joe Biden, Hunter, dans ce pays gangrené par la corruption alors que son père, vice-président, supervisait la politique américaine envers Kiev.

« Comment pouvons-nous ignorer les Biden en Ukraine ? C’est un évident conflit d’intérêts qui compromet notre sécurité nationale », a déclaré l’influent sénateur républicain Lindsey Graham, évoquant un des arguments amené à être développé par la défense. Ce proche du président a reconnu qu’Adam Schiff avait « fait du bon boulot », mais que la décision d’écarter Donald Trump du pouvoir revenait « aux électeurs ».