Australie : Mobilisation en France pour secourir les marsupiaux orphelins après les incendies

ANIMAUX Un parc animalier de l’Aude a lancé un appel à confectionner des pochons en tissu pour accueillir les bébés kangourous ou koalas

20 Minutes avec AFP

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Un koala déshydraté et blessé est soigné le 2 novembre à l'hôpital pour koalas de Port Macquarie, en Australie, après avoir été sauvé des flammes.
Un koala déshydraté et blessé est soigné le 2 novembre à l'hôpital pour koalas de Port Macquarie, en Australie, après avoir été sauvé des flammes. — SAEED KHAN / AFP

Après les gigantesques incendies qui ont ravagé l’Australie depuis septembre, des milliers d’animaux victimes des feux ont été secourus. Pour aider ces petites bêtes, un parc animalier de l’Aude a lancé un appel à confectionner des pochons en tissu pour accueillir les bébés kangourous ou koalas​. Un véritable succès.

En quelques jours, « nous avons reçu des milliers de poches », envoyées par des écoles, des Ehpad, des clubs de couture, des particuliers, s’enthousiasme cette biologiste « passionnée de marsupiaux et d’Australie ». « Maintenant il va falloir des bénévoles pour trier », ajoute-t-elle.

Trente poches par bébé kangourou

Simples à réaliser, ces étuis en tissu deviendront des viatiques pour les petits marsupiaux, que leur mère ait été tuée ou qu’elle les ait éjectés « sous le coup du stress ». « Pour se développer, ils ont besoin d’être contenus », de pouvoir s’enrouler, explique Carole Masson. A ses pieds, bien calé dans un panier, c’est ce que fait Diego, un bébé kangourou roux de six mois tombé début décembre de la poche de sa mère dans le « Parc australien » de Carcassonne, qui accueille une cinquantaine de spécimens. Après ce genre d’accident, les mères kangourous « ne recherchent pas leurs petits » explique Carole Masson.

A charge pour les humains de prendre le relais jusqu’au sevrage, à huit mois, une opération « relativement simple » mais astreignante, « à raison d’un biberon toutes les trois heures ». Devant l’ampleur du désastre en Australie, où plus d’un milliard d’animaux ont péri depuis le début des incendies en septembre, des associations ont lancé un appel international à l’aide, relayé en France par le Parc australien. Recueillant aussi les excréments des bébés, les poches doivent être changées « très très souvent » : « Il en faut 30 par bébé kangourou » pour les prendre en charge avant leur sevrage alors que les feux ont laissé « une quantité astronomique de marsupiaux non sevrés » explique Carole Masson.

Les dons largement suffisants

Au téléphone, son assistante, Annia Aubry, explique patiemment que « non il ne faut pas de synthétique », et que les poches - un étui intérieur glissé dans un pochon – doivent être cousues en « coutures anglaises » pour que les bébés ne se prennent pas les griffes dedans. Les tailles requises - pour koalas, opossums, wallabies… – et les détails de confection figurent sur le site du Parc, mais désormais avec l’avertissement qu’il ne faut plus lancer de nouvelles fabrications, les objectifs ayant été largement atteints.

« L’appel s’est diffusé à une vitesse terrible, Facebook s’est emballé avec deux millions de personnes touchées », s’étonne encore Carole Masson. Pour qui le ressort de cet engouement a été « face à un désastre énorme, de pouvoir être acteur d’une solution à son échelle, à son niveau ». « On est dans un monde où tout le monde est individualiste devant son téléphone. Là, on fait une belle action tous ensemble : ça me réconcilie avec la nature humaine », lui fait écho Francine, à l’autre bout de la France.