Procès de Donald Trump : Sans nouveaux éléments, la plaidoirie des démocrates tourne en rond

ETATS-UNIS A moins que des témoins soient autorisés la semaine prochaine et bouleversent le procès, le président américain file vers un acquittement

20 Minutes avec AFP

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Le démocrate Adam Schiff, au procès en destitution de Donald Trump, le 22 janvier 2020.
Le démocrate Adam Schiff, au procès en destitution de Donald Trump, le 22 janvier 2020. — Sipa

Donald Trump a essayé de « tricher » pour remporter un second mandat à la Maison Blanche, a accusé mercredi l’élu démocrate et procureur en chef Adam Schiff en ouvrant les débats de fond au procès en destitution du président des Etats-Unis. Au cours d’une journée marathon, les sept démocrates choisis pour endosser le rôle des procureurs sont revenus sur la chronologie du feuilleton ukrainien. Mais faute de nouveaux éléments ou de preuve irréfutable liant le gel de l’aide militaire à l’ouverture d’une enquête sur Joe Biden par Kiev, ils ne semblent pas en mesure de convaincre beaucoup de sénateurs républicains de voter pour destituer le président américain.

« Pris la main dans le sac »

Après une première journée marathon qui a fixé le cadre de ce procès historique, les cent sénateurs se sont retrouvés mercredi à la mi-journée pour écouter dans le plus grand silence l’accusation dérouler ses griefs. L’élu démocrate de la Chambre des représentants Adam Schiff, assisté par six confrères, est revenu sur les deux chefs d’accusation retenus le 18 décembre contre le locataire de la Maison Blanche : abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès.

Donald Trump a « exercé des pressions sur l’Ukraine pour qu’elle annonce des enquêtes » pouvant servir sa campagne de réélection, dont l’une visait à « salir » un de ses rivaux potentiels, le démocrate Joe Biden, a assené cet ancien procureur. Pour parvenir à ses fins, « en d’autres mots pour tricher », le président a notamment « gelé des centaines de millions de dollars d’aide militaire à un allié stratégique en guerre avec la Russie », a-t-il poursuivi. Selon lui, c’est uniquement car Donald Trump a été « pris la main dans le sac » qui a dégelé l’aide. Une fois ses actes rendus publics, le locataire de la Maison Blanche a « utilisé ses pouvoirs » pour mettre des bâtons dans les roues aux enquêteurs de la Chambre, a encore affirmé Adam Schiff.

« Ces gens sont fous », répond Trump

« Ces gens sont fous ! » Depuis la Suisse, où il assistait au Forum économique mondial de Davos, Donald Trump s’était redit dans la matinée victime d’un « coup monté » orchestré par l’opposition démocrate. Le président de 73 ans a assuré qu’il aurait « adoré » assister aux débats, mais que ses avocats n’y étaient pas favorables. Il s’est en revanche déchaîné sur Twitter, retweetant près de 150 messages de ses soutiens, mercredi – son nouveau record en une journée.

Les démocrates disposent de deux jours supplémentaires pour dérouler leur argumentaire, puis ce sera au tour de la défense de Donald Trump d’avoir trois jours pour riposter. « Nous allons contester vivement le dossier présenté » par l’accusation, a déclaré l’avocat personnel du président Jay Sekulow lors d’une brève interruption de séance. « Nous le ferons de manière ordonnée et systématique ».

Si le scénario d’un acquittement semble déjà écrit, un élément pourrait encore venir menacer Donald Trump : les sénateurs voteront la semaine prochaine pour autoriser – ou pas – l’audition de nouveaux témoins assis aux premières loges de l’affaire ukrainienne, notamment l’ex-conseiller à la Sécurité nationale John Bolton.