VIDEO. « Impeachment »: « Shame on you ! », démocrates et républicains s’écharpent au procès de Trump

ETATS-UNIS Après une âpre bataille pour fixer les règles, les plaidoiries débuteront mercredi

P.B. avec AFP

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Le procès en destitution de Donald Trump s'est ouvert devant le Sénat américain.
Le procès en destitution de Donald Trump s'est ouvert devant le Sénat américain. — Sipa

Un marathon interminable. Les débats au procès en destitution de Donald Trump se sont ouverts mardi devant le Sénat américain par une âpre bataille sur les règles de ce rendez-vous historique, les démocrates accusant les républicains d’organiser un acquittement au pas de charge du président des Etats-Unis.

A 2 h 00 (8 h 00 heure de Paris), la dispute s’est enfin terminée, les républicains rejetant un à un les recours des démocrates qui voulaient auditionner de nouveaux témoins et obtenir les documents bloqués par la Maison-Blanche lors de l’enquête d’impeachment. La question des témoins du feuilleton ukrainien devrait toutefois être réexaminée la semaine prochaine et pourrait cette fois être soutenue par quelques républicains.

« Honte à vous »

Lors d’une déclaration préliminaire, le patron des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a accusé la Maison-Blanche de dissimulation : « Que cherchent-ils à cacher ? Si le président est innocent, pourquoi s’opposer à la divulgation des faits ? » Puis, il a accusé les sénateurs républicains de complicité, lâchant un « Shame on you » («Honte à vous »).

L’élu démocrate Adam Schiff, chargé de porter l’accusation, a reproché au camp présidentiel d’organiser un « procès truqué » au Sénat. « C’est parfait ! Il est donc parfaitement normal de tordre le bras d’un allié en gelant une aide militaire pour obtenir un coup de pouce afin de tricher lors de la prochaine élection », a-t-il ironisé. « Le président se soustrait à toute responsabilité et se place au-dessus des lois : il ne peut pas être inculpé, il ne peut être destitué. Cela en fait un monarque, exactement le danger contre lequel est censée nous protéger la Constitution », a-t-il tonné.

Un impeachment « dangereux pour la république »

La défense de Donald Trump, menée par le conseiller juridique de la Maison-Blanche Pat Cipollone, a rétorqué que le président américain n’avait « rien fait de mal ». Maniant, lui aussi l’hyperbole, il a estimé que l’acte d’accusation pour « abus de pouvoir » et « entrave au Congrès » était « non seulement ridicule mais aussi dangereux pour notre République ». « Il est temps de démarrer » le procès « pour pouvoir mettre fin à cette mascarade ridicule », a-t-il plaidé.

Les sénateurs se sont mis d’accord sur la suite du calendrier : chaque camp disposera finalement de trois journées de huit heures pour présenter ses arguments. Les « managers » de la Chambre, qui jouent le rôle des procureurs, vont dégainer les premiers de mercredi à vendredi, puis ce sera le tour de la défense de Donald Trump.

Si le président américain est presque assuré d’être acquitté, le vote pour entendre des témoins, notamment l’ancien conseiller John Bolton, qui devrait être remis sur le tapis la semaine prochaine – et pourrait être soutenu par quelques républicains modérés – pourrait encore réserver des surprises. En attendant, certains trouvent déjà le temps long : le sénateur de l’Idaho Jim Risch a été pris en flagrant délit de sieste. Le chef de la cour suprême a, lui, appelé les deux camps à la retenue.