Plusieurs personnalités chiliennes créent un parti politique pour changer la Constitution

POLITIQUE Le Parti pour la dignité milite pour la création d’une Assemblée constituante de citoyens, qui devra être approuvée lors du référendum du 26 avril

20 Minutes avec agences

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Un manifestant face aux forces de l'ordre à Santiago du Chili, le 26 octobre 2019.
Un manifestant face aux forces de l'ordre à Santiago du Chili, le 26 octobre 2019. — C. Apetogbor , E. Allan / 20 Minutes

Une journaliste reconnue, un célèbre guitariste, une victime d’une retentissante affaire de pédophilie dans l’Eglise : plusieurs personnalités de la société civile ont annoncé ce lundi la création d’un nouveau parti politique au Chili pour défendre un changement de Constitution.

Cette nouvelle formation, baptisée Parti pour la dignité, va militer pour que soit approuvé le principe d’un changement de la Constitution et la désignation d’une Assemblée constituante, à l’occasion du référendum du 26 avril. Le référendum comportera deux questions : l’une sur le remplacement ou non de la Constitution actuelle, héritée de la dictature de 1973 à 1990 d’Augusto Pinochet et l’autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger, un « Congrès mixte » composé de citoyens et de parlementaires, ou une Assemblée constituante de citoyens.

Une Assemblée constituante paritaire

« L’objectif principal est d’offrir un espace à des personnes indépendantes qui ne se sentent pas représentées par les canaux actuels de représentation, et à celles qui veulent être candidat ou candidates » à l’Assemblée constituante, a expliqué la journaliste Maria Olivia Monckeber, lauréate en 2009 du Prix national du journalisme et vice-présidente du nouveau parti. Le président est James Hamilton, une victime du prêtre pédophile Fernando Karadima, accusé d’agressions sexuelles multiples sur des mineurs et au centre d’un vaste scandale qui a secoué l’Église catholique chilienne.

Le parti souhaite défendre l’existence d’une Assemblée constituante paritaire entre hommes et femmes avec des représentants des communautés amérindiennes. « Je n’ai jamais appartenu à un parti politique (…) Le parti est ouvert à toutes les personnes intéressées pour qu’elles participent », a expliqué Claudio Narea, ancien guitariste de Los Prisoneros, groupe de rock contestataire le plus populaire des dernières années de la dictature.

Contestation sans précédent

Le parti naît après trois mois d’une contestation sociale sans précédent au Chili. Celle-ci vise à dénoncer les inégalités socio-économiques, mouvement qui n’a bénéficié à aucune formation politique traditionnelle.

Le changement de Constitution figure parmi les revendications principales des manifestants, à côté d’une réforme des systèmes de santé, d’éducation et de retraites. Ceux-ci relèvent essentiellement du secteur privé et sont accusés d’entretenir de profondes inégalités.