VIDEO. Climat : A Davos, Trump fustige les « prophètes de malheur » devant Greta Thunberg

CLIMAT La lutte contre le réchauffement climatique devrait être au cœur des discussions du Forum économique mondial (WEF) de Davos, qui débute ce mardi

20 Minutes avec AFP

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Climat : « Rien n’a été fait », déplore Greta Thunberg à Davos — 20 Minutes

La passe d’armes était annoncée et elle a eu lieu, au moins par discours interposés : le président américain Donald Trump a fustigé mardi à Davos les « prophètes de malheur » du climat, tandis que la militante Greta Thunberg a répété qu’il était temps de « paniquer ».

« Nous devons rejeter les éternels prophètes de malheur et leurs prédictions d’apocalypse », a martelé Donald Trump devant l’élite économique et politique du globe, réunie dans la douillette station de ski du canton des Grisons (Suisse) au premier jour du 50e Forum économique mondial (WEF). Devant le président américain ouvertement climato-sceptique, un auditoire de grands patrons et de responsables politiques mais aussi la jeune militante suédoise, invitée pour la seconde année consécutive à Davos.

« Notre maison brûle toujours »

Greta Thunberg avait, peu avant que le président américain ne parle, déjà regretté lors d’une table-ronde que « rien n’ait été fait », à part de grands discours, pour enrayer le changement climatique. Et elle a repris la parole peu après le discours de Donald Trump pour une session au titre sans équivoque : « Eviter l’apocalypse climatique ».

Reprenant les expressions qui avaient impressionné Davos l’an dernier, elle a déclaré : « Notre maison brûle toujours. Votre inaction alimente les flammes heure par heure. Nous vous disons à nouveau qu’il faut paniquer, et agir pour l’amour de vos enfants. »

Plus concrètement, Greta Thunberg a appelé à « cesser immédiatement tous les investissements dans l’exploration et l’extraction d’énergies fossiles », « cesser immédiatement toutes les subventions aux énergies fossiles », « pas en 2050, pas en 2030 ou même en 2021 », mais « maintenant ».

Hydrocarbures vs « socialistes radicaux »

Donald Trump, lui, dans un discours clairement destiné à son électorat, a vanté l’abondante production d’hydrocarbures et l’indépendance énergétique des Etats-Unis, assurant qu’il ne laisserait pas « des socialistes radicaux » s’attaquer à ce secteur lucratif. Il s’est gardé d’évoquer les énergies renouvelables.

En campagne pour sa réélection en novembre et à quelques heures de l’ouverture de son procès en destitution à Washingon, qu’il a qualifié de « farce », Donald Trump a déroulé à Davos, sur un ton plutôt monocorde, ses performances en termes de croissance économique et de créations d’emploi aux Etats-Unis, à grands coups de statistiques.

Comme lors de sa première venue à Davos en 2018, l’hôte de la Maison Blanche a réaffirmé sa politique de l'« America First ». « Le temps du scepticisme est terminé, les entreprises affluent de nouveau aux Etats-Unis (…) Le rêve américain est de retour, plus fort que jamais », a-t-il assuré, évoquant une « prospérité (…) sans précédent ».

Le Forum taxé d’hypocrisie climatique

Selon un rapport de Greenpeace​ publié mardi, dix banques régulièrement présentes à Davos ont à elles seules financé entre 2015 et 2018 le secteur des énergies fossiles à hauteur de 1.000 milliards de dollars.

Le Forum lui-même a été parfois taxé d’hypocrisie climatique en raison du ballet de jets, hélicoptères et limousines qu’il occasionne. Cette année, il tente de montrer l’exemple en bannissant les ustensiles à usage unique, en montant des buffets sans viande, en compensant les émissions carbone ou en prodiguant des conseils sur le carburant utilisé pour les avions privés.