L’Iran menace de se retirer du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires

TENSIONS Le mécanisme de règlement des différends (MRD) permet au Conseil de sécurité de l'ONU de rétablir toutes les sanctions qui avaient été levées dans le cadre de l'accord sur le nucléaire iranien

20 Minutes avec AFP

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Hassan Rohani, le 20 décembre 2019 au Japon.
Hassan Rohani, le 20 décembre 2019 au Japon. — Charly Triballeau/AP/SIPA

Après le déclenchement par les Européens d'un mécanisme de règlement des différends (MRD) contre l'Iran, Téhéran a menacé, ce lundi, de se retirer du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Le 14 janvier, les trois Etats européens (France, Allemagne, Grande-Bretagne), signataires de l’accord sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, ont annoncé avoir déclenché le MRD, qui envisage à terme le rétablissement par le Conseil de sécurité de l’ONU de toutes les sanctions qui avaient été levées dans le cadre de l’accord.

L’accord de Vienne menacé

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a déclaré lundi que la décision des Européens n’avait « pas de base légale » et a affirmé que, s’ils prenaient des mesures supplémentaires, « le retrait de l’Iran du TNP serait envisagé », selon le site Internet du Parlement iranien. Conclu en 1968, le TNP est considéré comme la pierre angulaire de l’ordre nucléaire mondial. L’accord de Vienne, qui limite drastiquement les activités nucléaires iraniennes, menace de voler en éclats depuis que le président américain Donald Trump s’en est retiré unilatéralement en 2018, avant de rétablir de lourdes sanctions économiques contre l’Iran.

Berlin, Paris et Londres maintiennent qu’ils restent engagés dans l’accord, mais Téhéran les accuse d’inaction. Depuis mai 2019, l’Iran s’est affranchi d’engagements pris dans le cadre du texte, en riposte aux sanctions américaines et à l’incapacité des pays européens à les contourner selon lui. « Si les Européens reviennent à leurs engagements, l’Iran cessera aussi de réduire ses engagements, mais s’ils continuent sur la même voie (…) nous avons différentes options », a redit Mohammad Javad Zarif.

Bruxelles veut l’application totale de l’accord de Vienne

Selon lui, le président Hassan Rohani avait averti l’ex-chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans trois lettres envoyées en 2018 que l’Iran était prêt à se retirer du TNP. « Il était déclaré dans les lettres du président que si la question [du nucléaire iranien] était renvoyée devant le Conseil de sécurité, le retrait de l’Iran du TNP serait discuté mais, avant cela, nous pouvons considérer d’autres [options] », a-t-il précisé.

Les Européens ont enclenché le MRD pour tenter de contraindre Téhéran à revenir à l’application totale de l’accord de Vienne. Mais lundi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Abbas Moussavi, a prévenu : « Si ces discussions se poursuivent », l’Iran prépare une mesure « finale et même plus efficace » concernant l’accord du nucléaire. Face aux questions des journalistes, Abbas Moussavi a dit que la mesure serait « sérieuse », sans donner plus de détails.